Arbres, CO2 et voitures

Véritable poumon de la terre, la forêt se présente comme une des variables clés du changement climatique. Eviter la déforestation et financer la reforestation permettrait de réduire la quantité de CO2 dans l’atmosphère. Mais combien de CO2 un arbre peut-il stocker ? Et cela est-il suffisant pour limiter les émissions carbone ?

Les arbres, ou comment séquestrer le CO2 naturellement

Les arbres, tout comme les plantes, ont cette capacité fantastique de capter l’énergie lumineuse grâce à la chlorophylle présente principalement dans les feuilles et d’utiliser cette énergie pour transformer l’eau en provenance du sol et le CO2 de l’atmosphère en sucre qui permettra à l’arbre de grandir et libérer de l’oxygène : il s’agit de la photosynthèse. Ce processus de séquestration est naturel.

Au fil du temps, cette biomasse, principalement le tronc et les branches, est la traduction visible de ce processus.  Pendant 30 ans, un pin maritime va par exemple stocker 210 kg de CO2 en France au-dessus du sol, à un rythme moyen de 7kg de CO2 par an. Le CO2 stocké ne se limite en revanche pas à la partie visible de la biomasse, on ne comptabilise pas en général la biomasse contenue dans les racines qui pèse pour 1/4 de la biomasse stockée.

Faire l’hypothèse d’une séquestration moyenne pour un pin maritime en France de10kg de CO2 par arbre et par an est par exemple adapté, soit 300 kg de CO2 sur la durée de vie du peuplement.

En France, chaque essence séquestrant à son rythme, la capacité d’absorption de carbone annuelle des forêts (2/3 feuillus, 1/3 conifères) est estimée à 70 millions de tonnes équivalent CO2 par an, soit 15 % des émissions françaises de gaz à effet de serre.

Eviter la déforestation, pour stocker à long terme la carbone dans le sol

 Derrière l’arbre, la forêt : au fil du temps, les sols forestiers stockent des quantités comparables de carbone que celles des arbres eux-mêmes.

Balladez-vous en forêt et grattez le sol ! Vous verrez que les dix premiers centimètres sont noirs et que les couches inférieures marrons. En effet, les sols forestiers constituent l’un des principaux réservoirs terrestres de carbone. Ses stocks se divisent entre deux compartiments : l’humus (dont la litière), pour 10% et les horizons minéraux (entre 0 et 30 cm de profondeur), pour 90%.

Lorsque l’on détruit une forêt, on relâche le carbone qui a été stocké dans le sol. En 2015, malgré un ralentissement depuis 25 ans du rythme de déforestation, la forêt mondiale continue de perdre 4 millions d’hectares de forêts par an. . La déforestation est ainsi une des premières causes d’émission de CO2 : elle représente 11% des émissions mondiales de gaz à effet de serre !

En cause, les activités humaines : conversion des forêts en champs cultivés (responsable de 73% de la déforestation), puis l’extension des villes (10%), la construction d’infrastructures telles que les barrages, les routes, etc. (10%) et l’extraction minière (7%).

Protéger la forêt est donc tout aussi important que réduire le volume de nos émissions de CO2. Il est urgent de faire les deux !

Utiliser le bois comme matériau de substitution est enfin le dernier levier pour stocker durablement la maximum de carbone.

Planter des arbres quand on roule ?

Pour le climat, peu importe où le CO2 est émis, c’est la quantité de CO2 dans l’atmosphère qui augmente l’effet de serre et engendre le réchauffement de la planète. Si on ne peut pas éviter d’émettre du CO2, il est conseillé de retirer de l’atmosphère la quantité équivalente de CO2 que celle que nous venons d’émettre pour en neutraliser l’impact sur le climat. Ainsi, lorsqu’on ne peut faire autrement que prendre sa voiture, il est donc possible d’agir en finançant par exemple des projets de reforestation (ou de déforestation évitée) qui vont permettre de retirer de l’atmosphère la même quantité de CO2 émise. Une action qui présente de multiples bénéfices parmi lesquels : créer des emplois, protéger la biodiversité, améliorer la qualité de l’air localement.

Certes, le mieux, c’est de ne pas émettre. Mais en attendant, les voitures circulent quand même, c’est un fait. Et cela ne va pas changer du jour au lendemain. Imaginez, si on imposait à chaque conducteur de planter des arbres au fur et à mesure de ses émissions de CO2… l’impact sur le climat en serait profondément changé ! L’Inde, a bien réussi en juillet 2017 à planter 66 millions d’arbres en seulement 12 heures…

Si le 1,5 milliard de voitures plante 3 arbres sur la planète par an, nous annulerons l’impact de la déforestation ! Alors, chiche ?

 

Passionnée de développement durable et de communication, je suis persuadée que c'est avec action concrète et engagement que nous construisons un monde meilleur.

#MakeOurPlanetGreatAgain 

 
1 réponse
  1. Jef VALLOT
    Jef VALLOT says:

    C’est très intéressant, pédagogique et accessible à tous
    C’est ce que je fais pour ma fille qui faisait 20 000 km par an pour aller bosser au CHU de Montpellier.Elle est passée à 15 000 km grâce au covoiturage.
    Moi je viens de publier: « Réchauffement Climatique, c’est Ici et Maintenant », papier et e.book chez bod.fr…un résumé choc de la question en 30 pages
    Merci et bon courage. Jef Vallot

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