WLTP : casse-tête des gestionnaires de flottes auto

WLTP : casse-tête des gestionnaires de flottes auto

Il fait grincer les dents des constructeurs. Il chamboule la gestion de flotte en entreprise. Le nouveau cycle WLTP entrera en vigueur le 1er janvier 2020. Conçu pour mieux refléter les émissions de CO2 des véhicules, il représente pour les entreprises un réel défi. Car les taxes qu’elles payent dépendent des émissions de CO2… Et le nouveau référentiel rebat les cartes, les modèles présents dans les flottes n’étant plus forcément les modèles les plus intéressants d’un point de vue fiscal avec le WLTP. Les entreprises doivent donc entièrement repenser leur parc automobile. Tout en respectant les nouvelles limites d’émissions de CO2, fixées par l’UE. 

Les limites des nouvelles normes WLTP

Longtemps discutées, les nouvelles normes WLTP entreront en vigueur début 2020. Et leur raison d’être est louable : rapprocher l’homologation de la consommation réelle des véhicules. Problème : d’après une étude réalisée par l’ONG belge Transport et Environnement, il y aurait encore un écart de 12 % par rapport aux émissions réelles. L’ONG pointe du doigt un manque de transparence…

UE : des objectifs de réduction CO2 ambitieux 

Pour les constructeurs, double punition. Ces nouvelles normes WLTP vont faire grimper les consommations et donc les émissions de CO2… et dans le même temps les plafonds d’émissions des véhicules neufs baissent. Le conseil européen vient, en effet, de valider les limites d’émissions de COà horizon 205 et 2030. Les voitures particulières neuves devront émettre 37,5% de moins de CO2 en 2030 qu’en 2021. Avec une étape intermédiaire de moins 15% en 2025 par rapport à 2021. En moyenne, cela correspond à 80,7 g de CO2/km et de 59,3 g en 2030. Or, aujourd’hui, peu de véhicules sont déjà en-dessous de la norme attendue de 95 gCO2/km. Les véhicules utilitaires, quant à eux, devront émettre 31% de CO2en moins par rapport à l’objectif de 2021(147g/km) avec la même étape intermédiaire de moins 15% en 2025. 

Des objectifs très ambitieux, voire… inatteignables ? Il faut avoir en tête que les émissions de CO2dans le monde sont toujours à la hausse : + 2,7 % en 2018 contre + 1, 6% en 2017. 

Incertitudes chez les gestionnaires de flotte 

Pour les gestionnaires de flottes, c’est compliqué. Avec le WLTP, les consommations et les émissions de COseront plus élevées d’environ 25 % ou 23 g/km supplémentaire, avec, à la clé, un malus plus important. Et le cadre n’est pas encore fixé : « Le système d’immatriculation des véhicules (SIV) est en cours de modification et ne pourra indiquer qu’à partir de fin 2019 la valeur d’émission réellement mesurée selon la méthode WLTP sur le certificat d’immatriculation » a expliqué le gouvernement fin 2018. Grille de malus assouplie dans un premier temps, décalage de l’adoption du WLTP… 

Par ailleurs, certains pays comme la Finlande, déjà passés au WLTP donnent une idée de ce qu’attendent les gestionnaires de flotte : d’après un article du Monde, une citroen C3 1,2 essence peut voir son malus passer de 0 à 540 euros. Un SUV Peugeot 3008 va voir son malus passer de 0 à 1 740 euros et sa taxe sur les véhicules de société de 486 euros à 1 885 euros : une augmentation des taxes de 645 % pour ce seul véhicule. 

Attendre pour prendre des décisions… ou repenser dès aujourd’hui leur mobilité : la prise de position est complexe pour les flottes. 

Personne n’a la solution miracle 

Face à la pression qui monte, personne n’a vraiment LA solution. Aussi les entreprises testent plusieurs options : certaines investissent dans l’électrique, ou l’hybride. D’autres réduisent le nombre de véhicules diesel. D’autres encore incitent leurs collaborateurs à utiliser de nouveaux moyens de transport : en passant par l’autopartage, le vélo, plus de transports en commun… Mais ne font pas l’unanimité. Et pour cause, chacune présente des limites : l’électrique coûte cher et n’est pas pertinent sur tous les usages, l’hybride souvent ne séduit les conducteurs du fait de la taille de coffre réduite et il n’est vraiment intéressant… que si on le recharge. L’autopartage ou le vélo ne sont pas toujours possibles sur les trajets du quotidien. Alors comment faire ?

Les outils de télématique pour préparer la transition

En attendant d’atteindre les objectifs ambitieux de l’UE, ou l’arrivée du WLTP, il reste une solution intermédiaire, ancrée dans le réel. Les solutions de télématique embarquée permettent de mesurer en temps réel la consommation de carburant, le CO2émis par la flotte. Et en mettant en place des formations d’éco-conduite couplées à des systèmes de télématiques embarquées, les entreprises peuvent économiser jusqu’à 15% d’économies de carburant.

Adapter les solutions selon les usages réels

La télématique permet par ailleurs d’analyser la flotte automobile et d’identifier les solutions possibles selon les usages réels : urbain, routier, grand rouleur, petit rouleur… Certaines énergies (électrique, hybride, gaz…) s’adaptent mieux à certains types d’usage que d’autres. Mais, pour faire les bons choix, rien de tel que connaître parfaitement l’usage de votre flotte. 

Si les nouvelles normes sont un réel casse-tête pour l’entreprise, elles sont également une opportunité pour repenser sa car policy, identifier les zones de gaspillage de carburant, et accompagner la transition en embarquant les collaborateurs. Et, sans doute que, demain, le WLTP sera remplacé par la mesure réelle des émissions. Car, taxer les véhicules selon des normes ne résout pas le problème des émissions. Mieux vaut taxer les émissions réelles… Et c’est certainement ce vers quoi l’avenir nous amène !

Et vous ? Quelle stratégie adoptez-vous pour préparer la transition ?