Pour fêter ça, on vous invite à découvrir les coulisses de la folle (et belle) aventure de Valérie et Fabien, les cofondateurs de l’entreprise. 

Fabien, Valérie, comment vous êtes-vous rencontrés ?

Valérie : 

Je connaissais la femme de Fabien depuis 10 ans. Elle savait que je voulais monter une entreprise depuis longtemps. Elle m’a parlé d’un entrepreneur qui avait une idée mais pas le temps de la lancer, et aussi de mon parfait associé … son mari ! 

Fabien :

Nous nous sommes donc rencontrés lors d’un déjeuner « arrangé », juste tous les deux. Nous avons très vite compris que nous étions en phase sur les valeurs que nous souhaitions porter à travers notre projet d’entreprise.

Valérie :

On s’est « jaugés » sur nos valeurs en premier. Car c’était pour nous primordial de partager une même vision avant de parler business. C’était en mai 2014. Nous étions tous les 2 en poste, moi salariée depuis 15 ans chez Total et Fabien depuis 11 ans chez Engie. Avant de faire « le grand saut » de l’entrepreneuriat, nous voulions être sûrs de pouvoir nous engager sur le long terme ensemble.

Comment on fait pour créer une boite quand on ne se connait pas ?

Valérie : 

L’envie d’entreprendre était très forte des 2 côtés. La preuve : après une première rencontre en mai 2014, nous avons quitté nos boîtes respectives dès juillet pour lancer notre projet commun… début septembre. Tous deux mariés à des entrepreneurs. Tous deux avec 3 enfants. On a pris une bonne inspiration et on a dit « GO ». Les gens autour de nous pensaient qu’on était fous ! 

Fabien : 

Nous nous sommes donnés les moyens d’avoir quelques éléments rationnels pour commencer. Mais c’était surtout l’envie d’entreprendre qui était puissante chez nous. Sans clients mais avec l’envie chevillée au corps, on a tout donné dès le début !

Qu’est-ce qui vous a motivés pour vous lancer dans l’aventure ?

Valérie : 

Nous avons tous les deux une famille, et de fait l’avenir de la planète est une préoccupation. Après 15 ans chez Total, je ne voulais plus entendre parler du réchauffement climatique de façon « pessimiste ». Je voulais faire quelque chose ! Or, tout prend du temps dans les grosses boîtes. Et moi je voulais agir tout de suite. 

Fabien : 

Pour ma part, je voulais donner un sens à ma vie professionnelle. Etre concret dans ce que je pouvais réaliser et transmettre quelque chose de « noble » à mes enfants. La mission est un moteur très puissant chez moi !

Est-ce que les débuts ont été faciles ? Difficiles ? Vous avez failli renoncer ?

Valérie : 

J’ai vécu une très grosse frustration les 6 premiers mois : avant le dépôt du brevet, je ne pouvais pas communiquer sur notre projet. Or, je voulais tester l’idée, en parler, la faire évoluer au contact des autres ! Il faut d’ailleurs une bonne dose d’aspirine pour développer un brevet en anglais. Surtout que le langage « brevet » s’avère être particulièrement abscons. Cela m’a pesé de ne pas pouvoir entrer dans le vif du sujet tout de suite. Néanmoins, ces 6 premiers mois nous ont permis d’apprendre à nous connaître avec Fabien. Nous avons deux caractères complémentaires : je me souviens d’une matinée que nous avons passé chacun à essayer de convaincre l’autre sur une idée. Avant de nous rendre compte à la fin qu’on était d’accord depuis le début ! C’était juste notre manière de nous exprimer et nos raisonnements respectifs qui différaient.  

Fabien : 

De mon côté, j’ai passé les 6 premiers mois à être galvanisé par la mission de notre projet ! Contrairement à Valérie qui piaffait d’impatience en attendant de passer à des choses plus concrètes que le dépôt de brevet, moi j’étais dans la vision, la stratégie, le monde des idées… J’étais très focalisé sur la R&D et la rédaction du brevet et je porte en moi une ambition mondiale pour WeNow ! Du coup j’étais encore un peu loin de ce que cela voulait dire concrètement « un client », le « business »...  

Malgré ce grand écart entre Valérie et moi sur ce qu’on vivait, ces 6 premiers mois ont été une phase riche pour nous deux. On a appris à se connaître : je me rappelle même avoir profité de cette période de « gestation » pour mettre en place des moments de feedbacks, qui nous ont aidé à faire mûrir notre relation. On a appris à travailler ensemble pendant cette phase ! Et 5 ans, plus tard, c’est une superbe satisfaction d’avoir obtenu notre brevet cet été car c’est une barrière à l’entrée très importante pour la suite!

Qu’avez-vous dû changer au contact de l’autre ?

Valérie : 

Au départ, nous étions chacun habitués à un certain mode d’organisation qui nous était propre. Nous avons donc appris à demander l’avis de l’autre et le faire intervenir sur les différents sujets. Cela peut paraître basique, mais ce n’était pas forcément facile au début. Aujourd’hui, c’est intuitif ! Par exemple, on s’est aperçus que lorsqu’on va en rendez-vous, ça « matche » toujours plus avec l’un d’entre nous. L’autre sait se mettre en retrait pour laisser la relation se construire. Cela nous octroie une capacité à toucher un grand nombre de personnes et c’est une richesse ! Pour garder le cap, nous nous sommes créés une « routine » pour se voir et échanger : c’est important lorsqu’on a tendance à donner la priorité à 100% au client ou à la production. Comme on n’est pas encore doués de télépathie, rien ne vaut un rendez-vous en face à face pour discuter !

Fabien : 

Diriger une société à deux n’est pas quelque chose de « classique » : il faut une répartition des pouvoirs très équilibrée pour que ça fonctionne ! La manière de prendre les décisions ensemble se travaille. Il faut être à la fois connectés l’un à l’autre mais aussi efficaces : cette relation quotidienne, il a fallu la construire et la gérer. Et donc se trouver les moments pour le faire. Je suis très heureux que nous incarnions cet équilibre homme-femme dans le monde de l’entreprise.

5 ans plus tard, qu’est-ce qui vous rend particulièrement fiers à titre personnel ?

Valérie :

Deux choses me rendent particulièrement fière. La première, c’est lorsque j’ai expliqué à mes enfants notre projet et qu’ils m’ont dit que « maman allait sauver la planète » ! Le lendemain, alors que le projet démarrait tout juste, j’ai reçu un appel d’un client qui me demandait si on pouvait équiper 8 véhicules de sa société avec nos boîtiers. Or, nous n’avions pas encore démarré la production et notre site web n’avait qu’un jour… J’ai donc demandé à ce « client » comment il nous avait connus. C’était le directeur de l’école qui en avait entendu parler par un enfant de la classe de ma fille !  Mon autre fierté, c’est d’avoir réussi à en être là où nous sommes avec une équipe formidable. Au lancement d’une boîte, on n’anticipe pas toute cette richesse humaine. Aujourd’hui, nous sommes une team de 5 personnes ultra motivées ! 

Fabien : 

Nous avons réussi quelque chose d’assez fort pour ces 5 premières années, en développant une entreprise qui a des perspectives de croissance et qui a créé de l’emploi. Dans le secteur du développement durable, c’est une réussite ! Nous sommes devenus des vrais entrepreneurs. Je suis fier de notre esprit d’équipe, de l’âme du projet que nous portons collectivement et d’avoir réussi à titre personnel à gérer au mieux l’équilibre entre ce projet très prenant et ma vie personnelle. 

La plus belle réussite de WeNow pour vous c’est quoi ?

Valérie : 

C’est à la fois une réussite commerciale et humaine ! Je citerais en exemple la relation particulière que nous avons avec un client, l’entreprise Charier. Ce client de longue date est très exigeant mais nous accorde une pleine et entière confiance et nous pousse à nous dépasser. Dans notre outil de communication interne Slack, Charier est cité comme « meilleur client du monde », c’est dire ! Avec ce client, on avance ensemble, on crée des outils pour lui qui seront ensuite répliqués pour d’autres clients. Il y a beaucoup de bienveillance entre nous. Nous avons réduit de 17% la consommation de carburant chez eux et déjà nous pensons à la suite : on a lancé pour eux un challenge mensuel avec un classement et à chaque retour de vacances un mini challenge « flash » pour réinstaller les objectifs d’éco-conduite dans la tête des collaborateurs. 

Fabien :

La reconnaissance des clients nourrit de façon très puissante notre engagement. J’ajouterais aussi que la reconnaissance que nous avons obtenu de l’ONU, qui est assez incroyable, nous place dans un écosystème où on joue dans la cour des grands. Cela symbolise l’audace que nous avons et que nous allons encore exprimer dans le futur !

Pouvez-vous citer une galère qui vous a empêchés de dormir ?

Valérie : 

Dans la vie d’entrepreneur, chaque jour est un ascenseur émotionnel !  Personnellement, ce sont des montagnes russes quotidiennes : je pensais que cela se tasserait avec le temps mais force est de constater que non. C’est aussi ce qui rend l’aventure palpitante ! 

Fabien : 

Je citerais en exemple le départ de notre CTO, qui a dû quitter le projet alors qu’il était corps et âme avec nous. Comme dans une fratrie, une personne en moins crée un vide. Mais comme dans une fratrie aussi, nous avons rebondi en nous serrant les coudes avec le reste de l’équipe. Cette épreuve nous a soudés ! 

Vous avez une anecdote à partager ?

Valérie : 

Pour ma part, je me souviens qu’à l’époque où je bossais chez Total, je me pensais très libre, créative, « hors des clous »… Or, avec WeNow, cela m’a quand même pris un an pour me débarrasser de mes habitudes de validations « longues » prises dans ce grand groupe. Notre toute première stagiaire a voulu lancer un projet informatique dès son arrivée, pour lequel j’ai proposé un délai de 3 mois. Sa réponse ? « Mais vous n’êtes pas une start-up ! ». Cela dit, c’est le revers d’une médaille positive : avec Fabien, nous ne sommes pas des « têtes brûlées totales » et nous pesons nos décisions.  

Fabien : 

Il nous est aussi arrivé un truc incroyable avec Nicolas Hulot, qu’on doit à notre CTO (le fameux dont on parlait plus tôt). Il est allé sonner à sa porte avant de laisser un message dans sa boîte aux lettres. Quelques jours plus tard, le voilà qui reçoit un appel en numéro masqué (qu’il loupe, sinon ce n’est pas drôle).  Le message ? « Bonjour, ici Nicolas Hulot, j’ai bien reçu votre présentation ! Je pars en mission mais j’essaie de vous rappeler bientôt ». Inutile de préciser que notre CTO a failli en avaler son téléphone quand il a écouté le message. Nicolas Hulot a tenu sa promesse et l’a rappelé, ils ont pris un café ensemble et cela a débouché sur un grand nombre de mises en relations qui nous ont servi par la suite ! 

Valérie :

J’allais oublier le meilleur, qui remonte à nos débuts : c’était le 27 novembre 2014, lorsque Fabien a déposé les statuts de la boîte. En sortant, il est allé allumer un cierge à Notre-Dame ! 5 ans plus tard, on peut dire que nos vœux ont été exaucés! Et comme c’est aussi le jour de mon anniversaire, je ne suis pas prête d’oublier cette date…  

Le plus beau compliment qu’un client vous ait fait ? (au point de vous faire rougir)

Fabien : 

Je rougis rarement. Il faut vraiment y aller pour que ça m’arrive ! Blague à part, je dirais que les clients qui louent notre expertise technique (en partant de zéro au départ) et les qualités de notre équipe, me rechargent en énergie positive.  

Valérie :

Pour ma part, je citerais plutôt le dernier compliment en date : ce matin, une entreprise m’a appelée pour me dire que le montage vidéo que nous avions fait avec eux était génial et que les équipes avaient hâte de le partager. Ça fait plaisir ! Avant-hier, un prospect nous a avoué que pour lui, nous avions réfléchi à tout ce dont une entreprise avait besoin ! Finalement, le plus beau compliment, c’est quand on parle de nous autour de nous. Nous avons des relations qui s’inscrivent dans la durée avec nos clients. Certains ont testé plusieurs boîtiers ou versions de l’appli et nous ont fait leurs retours point par point : on s’améliore ensemble ! Nous avons des clients qui nous suivent depuis 2015 et qui sont devenus de véritables partenaires !

Votre plus belle rencontre ?

Valérie : 

Bertrand Piccard ! J’étais absolument fan de lui avant WeNow, et j’ai eu la chance de faire une conférence de presse avec lui. Ce sont des moments qu’on n’oublie pas. 

Fabien : 

Je citerais Eric Coisne, que nous avons rencontré en 2018. Nous cherchions des investisseurs et cette rencontre a été déterminante.  C’est une personne motivée qui veut sincèrement contribuer à un monde meilleur. On a ressenti beaucoup de bienveillance de sa part, il nous a accordé une pleine confiance et cette rencontre a été un « coup de foudre » humain avant d’être un partenariat business. Cela va marquer l’histoire de WeNow.

Un conseil à donner à d’autres entrepreneurs ?

Valérie : 

Il faut croire en soi ! J’aime beaucoup cette citation qui dit « ils ne savaient pas que c’était impossible donc ils l’ont fait ». J’ajouterais qu’il est essentiel de bien s’entourer : parler de son projet autour de soi le rend concret et permet de se nourrir de conseils souvent fort judicieux !

Fabien : 

Il ne faut rien lâcher. Un problème, c’est l’opportunité de mettre en place une solution ! 

Où vous voyez-vous dans 5 ans ?

Valérie : 

En train d’animer une conférence avec Léonardo Di Caprio ! Plus sérieusement, j’espère que d’ici 5 ans nous serons LE leader incontestable de la neutralité climatique connectée. Avec Fabien, on s’est lancés dans l’aventure WeNow avant la COP21 et avant le Diesel Gate. Aujourd’hui, la neutralité carbone commence à être connue et comprise. Dans 5 ans, elle sera devenue une action climatique partagée par de nombreuses entreprises et nous espérons être à leurs côtés quand ça arrivera. 

Fabien : 

Dans 5 ans, je me vois aux côtés de Valérie et d’une équipe déterminée en train d’aller chercher l’ambition internationale de WeNow : on aura eu des moyens conséquents pour se développer et on sera sortis de France ! Objectif : bâtir un leader qui permet de lutter maintenant et de manière rentable contre le changement climatique, au-delà de la France. 

Valérie :

Nous sommes capables d’agir collectivement pour enrayer le réchauffement climatique. C’est de là que vient d’ailleurs notre nom : WeNow, parce que « nous maintenant » pouvons faire la différence !