Le 15 avril 2020, 11 actionnaires de Total ont déposé une « résolution climat » auprès du Conseil d’administration du groupe pétrolier pour lui demander d’aligner son activité avec les Accords de Paris. Du jamais vu en France.

Actionnaires : les nouveaux rebelles ?

Ils ont créé la surprise : 11 actionnaires de Total ont demandé au Groupe de quantifier puis réduire ses émissions directes et indirectes de gaz à effet de serre ! Une résolution qui a été approuvée par le Conseil d’administration, inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée générale du 29 mai… pour être finalement rejetée le jour J. Mais qu’importe, cette initiative a de quoi inspirer : la lutte contre le réchauffement climatique étant portée habituellement par les ONG ou la société civile, voilà que les actionnaires mettent leur grain de sel ! « Nous considérons que le secteur pétrolier doit jouer un rôle déterminant dans la transition énergétique" indiquaient les 11 investisseurs, qui représentent en tout 1,35% du capital de Total.

Leur requête était ferme et surtout détaillée : « Total doit cesser l'exploration et l'exploitation de toutes nouvelles réserves d'hydrocarbures et prendre en compte ses émissions indirectes dans le calcul de ses objectifs ». Les actionnaires réclamaient également au Groupe des précisions sur son "plan d’actions ainsi que sur les moyens déployés" pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Il faut rappeler que Total est le 1er émetteur de gaz à effet de serre du CAC 40 et que les émissions provenant de la consommation de ses produits représentent 85% de l’ensemble de ses rejets. Le 29 mai, le Groupe a refusé (à nouveau) de prendre en compte ces émissions indirectes.

Pourquoi ça nous inspire ?

Tout simplement parce que cette initiative montre qu’un nouveau cap vient d’être franchi dans la prise de conscience de l’urgence climatique. « Pour enfin basculer vers une société durable, il faut arrêter d'être naïf » écrit Bertrand Piccard dans une publication LinkedIn postée en mai 2020. « Parlons d'environnement avez le langage de ceux qui ont le pouvoir : profit et création d’emploi ». L’aéronaute suisse, président de la fondation Solar Impulse, connu pour être le fer de lance de la réconciliation entre écologie et économie. Celui qui parcourt le monde « en avion zéro-carburant » n’a de cesse de promouvoir les technologies propres auprès des décideurs et chefs d’entreprises. Et ça marche !

Comme le dit le proverbe, « petit à petit, l’oiseau fait son nid ». Dans les rangs des entreprises décidées à diminuer leurs émissions de CO2, citons l’exemple d’EDF, qui lors de son assemblée générale du 7 mai 2020 a inscrit dans sa raison d’être « l’objectif de neutralité carbone », qui fait désormais partie des statuts du Groupe. Pour le PDG Jean-Bernard Lévy, cette raison d’être est le fruit du travail mené par 4 000 collaborateurs d’EDF pendant l’année 2019. Le dirigeant y voit le signe que le Groupe « est prêt à relever l’ambition de neutralité carbone de la France et de l’Europe ». 

En janvier 2020, 350 salariés Amazon dénonçaient l’absence de politique environnementale du géant du e-commerce dans une courageuse tribune signée de leurs noms. Réunis au sein du groupe Amazon Employees for Climate Justice (AECJ), ils continuent de réclamer la neutralité carbone du Groupe à l’horizon 2030.

Plus verte l’entreprise ?

Aujourd’hui, de nombreux jeunes salariés arrivent sur le marché du travail avec de nouvelles attentes. Exaspérés par le tout-plastique ou encore l'absence de menus végétariens au bureau, il n’hésitent pas à hausser le ton pour se faire entendre. « Pour faire bouger les lignes, il faut commencer par de petites actions, comme la distribution gratuite de gourdes aux nouveaux arrivants » suggère par exemple Quentin Bordet, 29 ans. En 2020, ce jeune consultant au BCG a créé Go Green, un collectif pour l’environnement qui réunit aujourd’hui plus de 120 salariés du cabinet.

Pour les jeunes de la « génération climat », une entreprise qui limite son impact environnemental est une entreprise attractive. Et il n’y a pas que les jeunes d’ailleurs : un sondage BVA réalisé en 2019 montrait que plus de la moitié salariés en entreprise jugeait l’écologie compatible avec des objectifs de croissance.

Selon un autre sondage réalisé par Cadremploi la même année, 8 cadres sur 10 jugeaient les entreprises « trop timides dans leur engagement écologique ». L’étude révèle également que pour 77% d’entre eux, les petits gestes du quotidien contribuant à réduire l’empreinte environnementale sont « faciles, voire très faciles à mettre en place » : éteindre les lumières, trier les déchets, limiter l’usage de la climatisation ou du radiateur…

L’heure de passer à l’action ?

Il est grand temps pour les entreprises de prendre conscience de cela ! Véritable lame de fond qui doit nous permettre d'enrayer le réchauffement climatique.

Chez WeNow, nous sommes convaincus que les petits gestes du quotidien peuvent changer la donne. Mais surtout que les entreprises peuvent faire la différence ! C’est pourquoi nous proposons en plus de notre solution connectée (pour réduire les émissions de CO2 des véhicules) des formations à l’éco-conduite ainsi que des outils de pointe pour réaliser un bilan carbone au plus près du réel. Moralité : en matière de transition écologique, le mot d’ordre à retenir est de faire du bruit !