Connaissez-vous l’étude ZEN 2050 ? Conduite par 27 entreprises, elle montre qu’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 est possible, « sans casser le dynamisme économique essentiel pour l’emploi et le niveau de vie, et surtout sans renoncer à bien vivre ». Son originalité ? Elle mêle réflexions économiques et sociologiques pour analyser au mieux la société française… et son potentiel. Et, au-delà de montrer que cette transformation est possible, l’ambition de cette publication est de susciter l’envie collective d’avancer. On ne peut qu’y souscrire !

En route vers une France neutre en carbone !

Publiée en mai 2019, l’étude ZEN 2050 propose part du principe que nous sommes collectivement capables d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et explique comment. Cette étude originale et ambitieuse a été réalisée par 27 entreprises membres du groupement « Entreprises pour l’Environnement » (EpE), avec la participation de nombreux experts et citoyens.

Au programme : une réflexion prospective mêlant physique, technique, économie et sociologie.

Et un message positif : rien ne nous oblige à renoncer à la diversité de nos modes de vie, à notre confort, ou encore à la croissance économique et à la création d’emplois pour atteindre la neutralité carbone.

Alors, comment fait-on pour devenir une société ZEN à zéro émission nette ?

Faire la « révolution sociétale et économique »

Le terme « révolution » peut paraître extrême et pourtant, c’est bien de cela dont il s’agit. Mais c’est une révolution porteuse de promesses ! Selon les hypothèses de l’étude, la France serait en effet capable de réaliser un double exploit d’ici 2050. C'est-à-dire réduire de 80% ses émissions carbone (« à raison de 4 à 5% par an ») tout en doublant la capacité de ses puits de carbone pour aller jusqu’à « absorber 100 MtCO2eq(2) ».  

Pour cela, tous les secteurs de l’économie doivent se mobiliser.

Selon l’étude, « le secteur agricole pourrait réduire de 50% ses émissions actuelles. Tandis que les secteurs du bâtiment et du transport domestique pourraient atteindre des réductions supérieures à 90% ». 

De la même manière, nous devons réussir à « recycler 80% de nos déchets, rénover 16 millions de logements et diminuer de 50% l’artificialisation des sols d’ici 2050 ». 

Ce défi est possible à relever. En effet , les solutions techniques existent déjà. Comme le pointe l’étude, « à de rares exceptions près, le déploiement massif des technologies existantes permettrait d’atteindre les niveaux de réduction requis sans attendre de rupture technologique ».

C’est le moment de se motiver 

Dans ce contexte de profonds changements, l’étude démontre que la « motivation individuelle pour adopter de nouvelles habitudes » est cruciale. 

L’étude montre trois catégories de personnes selon leur niveau de motivation actuel et les efforts qu’elles sont prêtes à faire : 

-       les « Réticents », soit les 20% de la population française qui souhaitent conserver leur mode de vie ; 

-       les « Variables », soit les 60% qui déploient « des stratégies différenciées (de réticence ou de participation) selon leurs phases de vie et leurs besoins ressentis » ; 

-       et les « Moteurs », soit les 20% qui « veulent changer et valorisent un mode de vie toujours plus sobre ». 

Dans cette étude, chacun des groupes trouve son compte et sait réduire ses émissions de CO2 en conservant sa spécificité.

Parmi les pistes d’actions ? Poursuivre le « resserrement urbain » et améliorer « l’attractivité des centres-villes », faciliter le report du véhicule individuel « vers les transports en commun ». Mais aussi, adopter « une alimentation plus locale et moins carnée », développer des loisirs moins carbonés, plus locaux, faits de spectacles vivants ou encore « développer l’économie circulaire ». 

Une mobilisation collective est attendue 

On ne peut réussir que collectivement. Au-delà des changements de comportements des citoyens à titre individuel, les Pouvoirs public et les entreprises sont appelées à collaborer.

« La viabilité économique de la transformation est conditionnée par un haut niveau de coopération internationale » indique l’étude. Le climat doit être intégré « dans les règles du commerce international » mais aussi « en Europe dans les politiques hors climat ».

Tous les yeux vont donc être braqués sur les États-Unis et leur retour dans l’Accord de Paris…

En parallèle, les efforts de R&D dans les entreprises, en lien avec la recherche publique, « pourraient faciliter la transition en produisant de nouvelles solutions moins coûteuses ».

Et la croissance économique dans tout ça ?

L’étude ZEN 2050 démontre que la transition énergétique serait tout à fait compatible avec la croissance économique. 

En France, elle permettrait de « créer 300 000 emplois dans les secteurs clés de la transition énergétique ». 

Pour cela, il faut investir, car les territoires ne sont pas tous égaux face à la transition écologique. « L’investissement public et privé pour accompagner cette transformation doit passer à plus de 75 milliards d’euros par an à partir de 2030 (contre 30 milliards en 2015) » précise l’étude. De quoi soutenir le développement de « nouveaux usages agricoles et forestiers » tout en préservant « la biodiversité et les puits de carbone ».

L’étude conclut ses recommandations en appelant le déploiement immédiat « de politiques déterminées, incitatives et socialement justes ».