Il est urgent d’absorber nos émissions de CO2

Le 23 septembre s’est tenu le Sommet Action Climat de l’ONU. La « neutralité carbone » a été au centre des débats. L’occasion de rappeler qu’en matière de lutte contre le réchauffement climatique, la compensation carbone est devenue indispensable.

Une « bataille pour nos vies …»

Tels sont les mots prononcés par António Guterres, secrétaire général de l’ONU, lors d’une réunion le 3 juillet dernier à Abou Dhabi (Emirats Arabes Unis). L’Organisation météorologique mondiale (OMM) est formelle là-dessus : la Terre a connu ses 4 années les plus chaudes jamais enregistrées entre 2015 et 2019. Rien que ça. Le réchauffement climatique progresse plus vite que ne l’avait prédit la communauté scientifique et il est désormais primordial d’y apporter une réponse adéquate.

La canicule anormalement précoce en Europe, qui a vu les température monter au-dessus de 40° en France et en Espagne, n’est qu’un exemple parmi tant d’autres dans la série d’événements climatiques extrêmes qui se sont déroulés dans le monde. De nombreux citoyens du monde entier, y compris des écoliers, demandent aux gouvernements, aux entreprises et aux investisseurs de prendre des mesures plus ambitieuses en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Or, toujours selon l’ONU, d’énormes possibilités existent pour « penser à la planète, adopter des solutions innovantes, transformer nos économies et changer notre mode de vie ».

… mais « une bataille que nous pouvons gagner »

Là encore, ce sont les mots d’António Guterres. Selon lui, il va falloir se montrer innovants et concrets. Et au rang des solutions aux effets réels et rapides, se trouve en bonne place la compensation carbone. Le principe ? Pour chaque tonne de carbone, retirer l’équivalent en CO2 de l’atmosphère ou financer la transition énergétique dans les pays en développement. L’objectif : faire émerger des projets d’énergies renouvelables en remplacement des énergies fossiles.

La compensation carbone est une solution immédiate et complémentaire de la réduction générale des émissions de CO2. Elle nous permet de gagner du temps en attendant que d’autres technologies et énergies propres voient le jour. Autre avantage : elle contribue à renchérir le prix des énergies carbonées et faire changer les usages. L’ONU est claire sur ce point : la compensation carbone est une action climatique au même titre que la réduction des émissions de CO2. Pourquoi ? Tout simplement parce que la diminution des émissions de CO2 n’est pas assez rapide. De la même manière, la compensation carbone « seule » ne suffit pas. Vous l’aurez compris, l’une ne va pas sans l’autre si l’on souhaite atteindre l’objectif central de l’Accord de Paris, soit « la limitation de la hausse de la température moyenne mondiale à un maximum de 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels ».

Planter des arbres est aujourd’hui une des actions les plus efficaces et à bas coût. Imaginez si tous les postes émetteurs de CO2 intégraient la compensation carbone dans leurs actions ? Si le fait de compenser ses émissions devenait obligatoire pour tout le monde ? Regardez l’aviation, transport ô combien polluant : ce secteur va bien finir par y passer. Alors, pourquoi pas tout le monde ?