Transition énergétique : quelle place pour le véhicule électrique ?

Il est en train de révolutionner l’industrie automobile. Annoncé comme le véhicule « propre » par excellence, le véhicule électrique (VE) séduit : il fonctionnerait à l’électricité et ne nécessiterait pas d’énergie fossile pour rouler. Il n’aurait pas d’impact sur la pollution et n’émettrait d’ailleurs pas de CO2 dans l’atmosphère. Mais en regardant de plus près la quantité d’énergie nécessaire pour produire un véhicule électrique, on se rend compte que son impact climatique n’est pas si neutre qu’il n’y paraît. Le véhicule électrique, un levier vers la transition énergétique oui, mais à quelles conditions ?

Véhicule électrique versus thermique : moins de pollution

Avec 130 000 véhicules qui circulent aujourd’hui en France et 4 millions attendus d’ici à 2030, le véhicule électrique se présente comme un vrai levier vers une mobilité propre. Et son potentiel écologique semble énorme. Le moteur électrique remplacerait le moteur thermique et éviterait ainsi l’émission de particules fines et de dioxydes d’azote à l’échappement. Le VE serait donc à priori moins polluant et permettrait d’améliorer la qualité de l’air en milieu urbain.

Mais saviez-vous que par le simple fait de rouler, une voiture, même électrique émet des particules fines ? Cela est dû aux frottements des pneus sur la route et aux plaquettes de frein. En matière de pollution, lorsqu’il roule, il n’est donc pas tout à fait neutre.

Cycle de vie et CO2

En réalité, il faut prendre du recul pour calculer l’impact réel d’un véhicule électrique sur le climat. Et cela dépend de l’ensemble de son cycle de vie : sa fabrication, son usage, ses échanges avec le réseau électrique, le recyclage et la seconde vie de la batterie.

A la sortie de l’usine, un VE a déjà contribué à une grande quantité d’émissions de CO2. Elles sont émises lors de la fabrication du moteur, des composés électroniques, ou encore de la batterie. Il faut avoir en tête que celle-ci est responsable d’environ 40% de l’impact environnemental global du véhicule.

Sans oublier le mix énergétique qui a été utilisé pour produire l’électricité du véhicule ! En France, si la production d’électricité est de plus en plus assurée par la production d’énergies renouvelables, elle est encore, en grande majorité, issue des centrales nucléaires, ainsi que des énergies fossiles (charbon, gaz, fioul). Aux Etats-Unis, 40% d’électricité provient des centrales à charbon. La production d’un véhicule électrique est donc loin d’être neutre carbone.

Rouler plus pour moins d’impact climat ?

Par ailleurs, saviez-vous que le véhicule électrique sera d’autant plus intéressant aussi bien d’un point de vue économique qu’environnemental qu’il sera utilisé intensément ?  Cela équivaut à privilégier un usage quotidien entre 50 et 80km par jour et donc 20 000 km environ par an. Or, en moyenne, les français ne roulent que 12 000 km par an !

Les avancées technologiques permettront sur le long terme d’optimiser le cycle de vie du véhicule électrique, de développer les énergies renouvelables pour favoriser un mix énergétique durable, ou encore prolonger l’autonomie des batteries. Mais, aujourd’hui, le véhicule électrique n’est pas sans impact sur le climat.

En attendant, n’est-il pas plus réaliste de limiter l’usage des véhicules lorsque ce n’est pas nécessaire ? Ou encore modifier nos comportements, pour conduire plus responsable ?

 

Passionnée de développement durable et de communication, je suis persuadée que c'est avec action concrète et engagement que nous construisons un monde meilleur.

#MakeOurPlanetGreatAgain 

 
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