Alors que le dernier rapport du Giec annonce, des scénarios climatiques plus alarmants et plus proches que jamais (à horizon 2030), l’humanité entière s’interroge et s’inquiète. Quels sont les seuils du réchauffement planétaire à ne pas dépasser ? Que se passe-t-il au-delà des + 2°C par rapport à l’ère pré-industrielle ? En réalité, il y a un seul objectif commun à tous, que nous devrions nous fixer pour limliter efficacement les dégâts. Cet objectif s’appelle « neutralité carbone » ou « zéro carbone ». Mais alors, qu’est-ce que concrètement la neutralité carbone et comment y arriver ? 

Se fixer un objectif plutôt qu’un seuil à ne pas dépasser

Au-delà d’alerter sur les risques climat, le dernier rapport du Giec nous annonce quelque chose de nouveau. Même si les états respectent les engagements pris lors de la COP21 en 2015, nous nous rapprochons dangereusement des 1,5°C de réchauffement par rapport à l’ère pré-industrielle. Et à ce rythme, sans réhaussement des ambitions de chaque pays, d’ici à 2100 le réchauffement climatique mondial atteindrait 3°C. Périodes de sécheresse, caniculaires, pénuries d’eau et de terres agricoles cultivables… Personne n’en veut de ce scénario.

Pour autant, fixer des seuils à ne pas dépasser ne semble pas mettre l’humanité en mode « action ». Cela semble plutôt avoir comme effet le découragement.

Et si on se fixait plutôt un objectif ? Un objectif clair, commun à tous, qui met en mouvement et qui prouve que nous avons les solutions nécessaires en mains pour limiter le réchauffement climatique ?

Ne pas confondre « compenser » et « neutraliser »

Cet objectif, s’appelle la neutralité carbone. A ne certainement pas confondre avec le fait de compenser les émissions de CO2. Car neutraliser, signifie s’inscrire dans une démarche complète et en trois temps : mesurer d’abord le CO2 que nous émettons dans le cadre de nos activités humaines et qui ont un impact sur la planète. Réduire au maximum ces émissions, puis compenser ce qui reste. Les trois en parallèle auront d’ailleurs plus d’efficacité, car nous n’avons plus le temps d’attendre.

Compenser, ne suffit pas pour limiter notre impact carbone. Car cela pourrait amener à des dérives : continuer à surconsommer, mais se payer une bonne conscience parce qu’on aura compensé le COpar la suite.

Neutraliser, viser le zéro émission nette, ou une économie décarbonnée. Ces termes désignent le seul objectif valable et qui porte encore un espoir dans la lutte contre le réchauffement climatique. Seulement si nous faisons un virage radical, avec des transformations de nos productions, économies, modes de consommation, pourrions-nous limiter les dégâts. Et seule la mise en œuvre immédiate d’une démarche neutralité carbone assurera un monde plus vivable pour les générations futures.

Un seul objectif : zéro émission nette

Si le message de l’économie décarbonnée porte espoir, sa mise en œuvre est plus compliquée. Sans doute parce que la définition même de la neutralité carbone n’est pas claire pour tous.

D’ailleurs que veut dire neutre carbone ? La neutralité carbone est atteinte lorsque les émissions humaines ne dépassent pas les ressources de la planète. Pour être plus précis, lorsqu’elles ne dépassent pas les puits naturels : les mécanismes qui retirent les gaz à effet de serre tels que l’accroissement de la biomasse ou du carbone dans les sols, leur dissolution dans les océans. C’est uniquement à cette condition que le CO2émis par l’homme cessera d’impacter négativement notre planète.

Saviez-vous d’ailleurs que la majorité des scenarii des scientifiques pour limiter le réchauffement climatique comptent sur le fait que nous allons aussi être capables de retirer du CO2  de l’atmosphère ?

Neutraliser le CO2 : par où commencer ?

Certes, on ne réussira à enrayer le réchauffement climatique que si on se met en action dès aujourd’hui. A condition de savoir par où commencer. Car derrière les grandes ambitions du zéro émission nette, chacun finit par voir zéro à sa porte.

Par où commencer donc pour neutraliser ses émissions ? Par ses émissions directes. Ainsi que celles qui concernent l’ensemble de sa chaine logistique. Si vous êtes entreprise, il s’agit par exemple de faire le bon choix pour vos fournisseurs, vos produits, l’emplacement de votre usine, le mode de transport de vos salariés…

Pour les gouvernements, il est urgent d’imposer la neutralité carbone comme le seul objectif à atteindre par tous. Et d’indiquer quels sont les plans d’action pour y arriver. Donner les outils nécessaires, tout en accélérant les investissements. J’entends par là que pour tendre vers une économie décarbonnée, il est impératif que les investissements vers les solutions propres augmentent, que les entreprises inventent des solutions durables pour produire de l’énergie renouvelable. Tout en engageant un changement de comportement pour leurs salariés.

Chaque pas vers la neutralité carbone compte !

Réduire les émissions de COde nos activités humaines, pour vous et moi, citoyens, cela veut dire adopter des gestes plus écoresponsables dans toute activité qui a un impact direct ou indirect sur l’environnement. Cela passe bien sûr par réduire notre consommation d’énergie, en faisant le choix de mieux identifier nos besoins réels en énergie, et les limiter autant que possible. Cela inclut également nos choix alimentaires, la gestion de nos déchets en privilégiant le tri, en les circuits courts. Et en limitant au maximum nos déchets de plastique. Ces gestes écoresponsables sont à la portée de tous, et peuvent réellement avoir un impact positif sur la planète.

Mais cela inclut également le fait de financer des projets qui vont retirer le CO2de l’atmosphère. Car attendre d’avoir réduit suffisamment ne suffit pas. On émet trop de CO2dans l’atmopshère. Il faut le retirer au plus vite, en parallèle de nos actions quotidiennes pour réduire nos émissions.

Plus on s’attachera individuellement à adopter des comportements écoresponsables, plus nous aurons un impact, collectivement. Et vous ? Quel est votre plan d’action pour neutraliser votre impact carbone ?