On entend dire qu'il faudrait réduire sa consommation de viande, celle-ci ayant un impact sur le climat. Mais comment peut-elle avoir un impact sur le climat ?

Le bilan carbone de la viande est lourd

L’élevage de bétail dans le monde représente environ 15% des émissions de gaz à effet de serre mondiales liées aux activités humaines (Source : FAO, 2013). Pour en savoir plus, lire l'article sur l'empreinte carbone.

Pourquoi la viande pollue-t-elle ?

La dégradation de l’écosystème (déforestation) et les émissions liées à l’élevage représentent la majorité des émissions de GES liées à l’élevage de bovins.

D’abord, l’élevage de bétail est responsable d’une grande partie de la déforestation. Les forêts sont rasées pour en faire des zones de pâturage pour le bétail, ou pour y cultiver le fourage et les céréales destinées à nourrir les animaux). En Amazonie brésilienne, 63 % de la déforestation est due à l’élevage.

Cette déforestation supprimer brutalement un des grands régulateurs de la quantité de CO2 dans l'atmosphère (les arbres captent le CO2 pour grandir, via la photosynthèse, ce qui est bien utile pour réguler le climat). En dérostant, les arbres sont souvent brûlés, ce qui émet un peu plus de CO2. Et enfin, on ne le sait pas souvent, une grande partie des sous-sols forestiers conservent de grandes quantités de CO2 prisonnières dans le sol. En déforestant, le CO2 emprisonné dans les sols est relâché, donc ce sont des émissions de GES supplémentaires.

De plus, par leurs émanations, les bovins émettent du méthane (CH4), qui est un gaz à effet de serre avec un pouvoir de réchauffement 25 fois plus puissant que celui du CO2. De ce fait, les pets des bovins représentent 5 % des 500 millions de tonnes de CO2 émises par la France, soit 26 millions de tonnes d’équivalent CO2 (un peu plus d’un million de tonnes de méthane).

Enfin, l’élevage est gourmand en céréales. Près de 40 % des céréales produites et récoltées dans le monde servent directement à nourrir le bétail. Et qui dit céréales, dit tracteurs, engrais, apport d’eau. Tout cela consomme beaucoup d'énergie, et donc émet beaucoup de CO2.

Donc, lorsqu'on calcule le bilan carbone d'une viande, on intègre toutes les émissions directes et indirectes de CO2 que la production de cette viande a occasionnées.

Toutes les viandes n’ont pas un impact carbone identique

Le boeuf et l’agneau représentent en moyenne 650 kg de CO2 par an et par personne. Ainsi, 1kg de viande bovine équivaut à une émission de 27kg de gaz à effet de serre (source : INRAE). C’est moins que l’agneau, mais 2 fois plus que le porc, et 4 fois plus que le poulet. La volaille ou le porc ont une empreinte carbone largement inférieure (moins de 200 kg par an de CO2 et par personne). 

La viande bovine représente 40 % des émissions dues à l’élevage de bétail, alors qu’elle ne représente que 20 % de la consommation totale de viande. En outre, la production d’un kilo de bœuf nécessite plus de 13 500 litres d’eau, contre environ 4000 pour un kilo de poulet, soit 3,5 fois plus.

Quel avenir pour la viande ? 

La production de viande est passée de 70 millions de tonnes en 1961 à 330 millions en 2018, notamment du fait de l’industrialisation massive de l’élevage, liée à l’élévation du niveau de vie des pays occidentaux débutée après la seconde guerre mondiale. La production de viande devrait continuer à augmenter dans les décennies qui viennent, notamment dans les pays émergents. Elle pourrait atteindre au moins 524 millions de tonnes en 2080, selon la FAO.