Simulateur gratuit, sécurité et écoconduite
Vitesse et temps gagné : le simulateur qui montre ce que rapportent vraiment 10 km/h de plus
Rouler plus vite semble faire gagner du temps. Sur un trajet réel, le gain se compte souvent en minutes, alors que la consommation augmente et que la violence d’un choc croît avec le carré de la vitesse. Le simulateur met les trois côte à côte sur un trajet de 50 km, de 90 à 140 km/h. Cette page explique les lois physiques qui sont derrière, et ce que le simulateur laisse de côté.
En bref
- Le temps gagné décroît à mesure que la vitesse monte : sur 50 km, passer de 90 à 100 km/h fait gagner 3,3 minutes, passer de 130 à 140 km/h en fait gagner 1,6.
- La résistance de l’air croît avec le carré de la vitesse, et la puissance nécessaire pour la vaincre avec son cube.
- La violence d’un choc croît avec le carré de la vitesse : par rapport à 90 km/h, elle est multipliée par 1,49 à 110 km/h et par 2,09 à 130 km/h (fiche Sétra « Vitesse et mortalité », 2006).
- Les paliers du simulateur sont des repères de comparaison, choisis pour la démonstration.
- Le simulateur est pédagogique : il sert à ouvrir la discussion avec les conducteurs, avec des chiffres qu’ils peuvent refaire eux-mêmes.
L’outil
Le simulateur « L’illusion du temps gagné »
Faites glisser le curseur de 90 à 140 km/h. Le simulateur affiche, pour un trajet de 50 km, le temps gagné, la violence du choc, la consommation et les émissions de CO2.
L’outil s’ouvre aussi en pleine page : simulateur-vitesse.wenow.com.
Mode d’emploi
Trois lectures en trente secondes
- Partez de la référence. À 90 km/h, le simulateur affiche la base : aucun temps gagné, une violence du choc de référence, une consommation de 6,0 L aux 100 km.
- Montez d’un cran à la fois. À chaque palier de 10 km/h, lisez le temps gagné sur 50 km et la violence du choc. Regardez surtout le palier suivant : les minutes ajoutées diminuent, la violence du choc augmente.
- Faites le calcul sur vos trajets. Un commercial qui roule 50 km sur voie rapide deux fois par jour peut ramener le résultat à sa journée. C’est l’exercice le plus parlant en réunion d’équipe : chacun refait le calcul sur son propre trajet.
La méthode
Comment le simulateur calcule
Le temps gagné
Le temps d’un trajet est la distance divisée par la vitesse. Le temps gagné est la différence entre le temps à 90 km/h et le temps à la vitesse choisie, pour 50 km. La formule est exacte ; ce qu’elle suppose, c’est une vitesse tenue tout le trajet, sans ralentissement.
| Vitesse | Temps gagné | Gain du palier | Violence du choc | Consommation affichée |
|---|---|---|---|---|
| 90 km/h | 0 min | référence | × 1,00 | 6,0 L/100 km |
| 100 km/h | 3,3 min | +3,3 min | × 1,23 | 6,6 L/100 km |
| 110 km/h | 6,1 min | +2,8 min | × 1,49 | 7,2 L/100 km |
| 120 km/h | 8,3 min | +2,2 min | × 1,78 | 7,9 L/100 km |
| 130 km/h | 10,3 min | +1,9 min | × 2,09 | 8,7 L/100 km |
| 140 km/h | 11,9 min | +1,6 min | × 2,42 | 9,6 L/100 km |
La violence du choc
La violence d’un choc est proportionnelle au carré de la vitesse (fiche Sétra « Vitesse et mortalité », 2006) : c’est l’énergie que le véhicule doit dissiper. Le simulateur rapporte le carré de la vitesse choisie au carré de 90 km/h. Le résultat décrit l’énergie en jeu en cas de choc ; la fréquence des accidents dépend d’autres facteurs, que le simulateur ne modélise pas.
La consommation et le CO2
La consommation part de 6,0 L aux 100 km à 90 km/h pour un véhicule essence, puis suit une courbe indicative jusqu’à 9,6 L à 140 km/h. Les émissions de CO2 s’en déduisent avec le facteur de l’ADEME pour l’essence, 2,28 kg de CO2 par litre : 137 g/km à 90 km/h.
La physique derrière la courbe
À vitesse stabilisée, un véhicule dépense surtout son énergie contre deux forces : le frottement des pneus, à peu près constant, et la résistance de l’air, qui croît avec le carré de la vitesse. Entre 110 et 130 km/h, cette force est multipliée par (130/110)², soit 1,40. La puissance nécessaire pour la vaincre croît, elle, avec le cube de la vitesse. C’est pourquoi la consommation décroche aux vitesses élevées, sur tous les modèles et toutes les énergies. Ces deux vitesses servent d’exemple de comparaison.
Le même raisonnement vaut pour le freinage : l’énergie à dissiper croît avec le carré de la vitesse, et la distance de freinage aussi. Les épisodes « La vitesse et la consommation », « La distance d’arrêt » et « 10 km/h qui changent tout » de notre série vidéo le montrent en quelques minutes chacun.
Exemple
Un exemple chiffré : 110 ou 130 km/h sur 50 km
Un conducteur parcourt 50 km sur voie rapide. À 130 km/h au lieu de 110 km/h, et en supposant la vitesse tenue tout le trajet :
- Temps gagné : 50 ÷ 110 × 60 = 27,3 minutes contre 50 ÷ 130 × 60 = 23,1 minutes, soit 4,2 minutes.
- Consommation affichée par le simulateur : 8,7 L au lieu de 7,2 L aux 100 km, soit 0,75 litre de plus sur le trajet, et environ 1,7 kg de CO2 en plus.
- Violence du choc en cas d’accident : × 2,09 à 130 km/h contre × 1,49 à 110 km/h, par rapport à 90 km/h, soit 40 % de plus.
Quatre minutes, c’est le temps d’un feu rouge un peu long ou d’une file au péage. Et dans la réalité, le trafic, les ralentissements et les entrées de ville réduisent encore le gain : la vitesse maximale n’est tenue que sur une partie du trajet.
La perception
Pourquoi le gain paraît plus grand qu’il n’est
Le temps gagné est une affaire d’inverse : il dépend de 1 divisé par la vitesse. Notre intuition, elle, raisonne en ligne droite, comme si chaque palier de 10 km/h rapportait autant que le précédent. Ce biais d’estimation du temps gagné est documenté par la recherche en psychologie, notamment par Peer et Gamliel (Judgment and Decision Making, 2013) : les conducteurs surestiment le temps gagné en accélérant depuis une vitesse déjà élevée, et le sous-estiment aux basses vitesses.
Le calcul sur une année
Prenons un collaborateur qui fait chaque jour ouvré un aller et retour de 50 km sur voie rapide, 220 jours par an, et qui roulerait à 130 km/h au lieu de 110 km/h, vitesse tenue tout le trajet :
- Temps gagné : 4,2 minutes par trajet, soit environ 8 minutes par jour et une trentaine d’heures par an.
- Carburant en plus, selon la courbe du simulateur : 0,75 litre par trajet, soit 330 litres par an, environ 627 € à 1,90 € le litre, et environ 750 kg de CO2.
- Violence du choc en cas d’accident : 40 % de plus, sur chacun de ces 440 trajets.
Rapporté à une flotte de plusieurs dizaines de conducteurs, le calcul prend une autre dimension. C’est l’exercice à faire avec vos propres chiffres, et le point de départ d’une discussion utile avec les conducteurs.
Les limites
Ce que le simulateur ne dit pas
- La consommation de votre véhicule. La courbe est indicative, pour un véhicule essence. Un utilitaire, un véhicule électrique ou un modèle plus aérodynamique donnent d’autres valeurs ; la tendance reste la même, portée par la résistance de l’air.
- Le temps réel d’un trajet. Le calcul suppose une vitesse constante. Sur un trajet réel, le trafic et les ralentissements réduisent le temps gagné.
- La probabilité d’un accident. La violence du choc décrit l’énergie en jeu en cas d’accident ; la fréquence des accidents dépend d’autres facteurs, que le simulateur ne modélise pas.
- Les règles de circulation. Le simulateur compare des vitesses entre elles. Il ne dit rien des limitations applicables à une route donnée, qui restent la règle.
- La conduite de vos collaborateurs. Pour cela, il faut mesurer : c’est l’objet d’un programme d’écoconduite.
Aller plus loin
En faire un levier pour votre flotte
Le simulateur ouvre la conversation. Pour une flotte, la suite se joue sur la durée : chaque conducteur voit sa propre conduite, comprend quel geste change quoi, et mesure ses progrès. C’est ce que fait un programme d’écoconduite : coaching personnel, défis d’équipe, formation.
Sur les véhicules éligibles, les données de conduite viennent des systèmes connectés des constructeurs, transmises par le véhicule lui-même, sans rien installer à bord.
WeNow est un organisme de formation certifié Qualiopi depuis mars 2026, et s’appuie sur 578 millions de kilomètres de données de conduite collectés depuis 2014 (arrêté au 13/09/2026).
- la physique de l’écoconduite, en 9 vidéos ;
- vitesse et consommation de carburant : pourquoi la résistance de l’air décide ;
- le programme d’écoconduite de flotte sans boîtier ;
- le simulateur ROI écoconduite, pour chiffrer le gain en euros sur votre flotte ;
- le verdissement de flotte ;
- le test d’éligibilité de votre parc par numéro de série.
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Un fichier de numéros de série suffit, sans aucune donnée conducteur.
Questions fréquentes sur la vitesse et le temps gagné
Rouler plus vite fait-il vraiment gagner du temps ?
Oui, et de moins en moins à mesure que la vitesse monte. Sur 50 km, passer de 90 à 100 km/h fait gagner 3,3 minutes, passer de 130 à 140 km/h en fait gagner 1,6, en supposant la vitesse tenue tout le trajet. Le trafic réel réduit encore ces gains.
Pourquoi la consommation augmente-t-elle autant avec la vitesse ?
Parce que la résistance de l’air croît avec le carré de la vitesse : entre 110 et 130 km/h, elle est multipliée par 1,40. La puissance nécessaire pour la vaincre croît avec le cube de la vitesse. Aux vitesses élevées, c’est elle qui domine la consommation.
Comment la violence d’un choc évolue-t-elle avec la vitesse ?
Elle croît avec le carré de la vitesse, comme l’énergie que le véhicule doit dissiper (fiche Sétra « Vitesse et mortalité », 2006). Par rapport à 90 km/h, elle est multipliée par 1,49 à 110 km/h et par 2,09 à 130 km/h.
Pourquoi le simulateur part-il de 90 km/h ?
C’est la vitesse de référence choisie pour la comparaison : tous les résultats s’expriment par rapport à elle. Les paliers de 10 km/h servent de repères de comparaison pour montrer comment le temps, la consommation et la violence du choc évoluent.
Les résultats valent-ils pour un véhicule électrique ?
Le temps gagné et la violence relative du choc évoluent de la même façon, puisqu’ils ne dépendent que de la vitesse. La consommation affichée est celle d’un véhicule essence ; sur un véhicule électrique, la résistance de l’air joue de la même façon et réduit l’autonomie aux vitesses élevées.
Comment utiliser le simulateur avec les conducteurs d’une flotte ?
En réunion d’équipe ou en formation : chacun refait le calcul sur son propre trajet, puis on compare les minutes gagnées au surcoût en carburant et à la violence du choc. La série vidéo sur la physique de l’écoconduite prolonge l’exercice, épisode par épisode.

