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Climatisation et chauffage : ce que coûte le confort, en thermique et en électrique

22 septembre 2026 - par Fabien Carimalo

Climatisation et chauffage : ce que coute le confort, en thermique et en electrique. Illustration WeNow, la physique de l ecoconduite.
Image décorative.

Le confort a un prix énergétique. Sur une voiture thermique, la climatisation ajoute 1 à 7 % de carburant selon l’ADEME (2026). Sur une voiture électrique, c’est le chauffage qui pèse le plus : jusqu’à 41 % d’autonomie en moins à −7 °C dans les essais de l’AAA (2019). Cet article donne les mécanismes, les chiffres et les gestes.

Il distingue ce qui vaut pour un moteur thermique et pour un véhicule électrique, sépare les chiffres actuels des chiffres datés qui circulent encore, et explique pourquoi le même équipement pèse lourd en ville et peu sur autoroute.

En bref

  • Selon l’ADEME (2026), la climatisation augmente la consommation de carburant de 1 à 7 % suivant les climats, les véhicules et les usages ; l’agence recommande de ne pas régler la température en dessous de 22 °C.
  • D’après des essais de l’Oak Ridge National Laboratory (SAE, 2013), le surcroît de carburant dû à la climatisation est à peu près constant en litres par heure quelle que soit la vitesse : en pourcentage, il pèse donc le plus au ralenti et en ville, et le moins sur autoroute. Entre 64 et 113 km/h, les deux véhicules d’essai consommaient davantage avec la climatisation à pleine puissance qu’avec les vitres ouvertes.
  • Sur un véhicule électrique, c’est le chauffage qui pèse le plus. Dans les essais de l’AAA (2019, cinq modèles, procédure SAE J1634, référence à 24 °C), l’autonomie baissait de 12 % à −7 °C sans chauffage ni climatisation et de 41 % avec ; à 35 °C, elle baissait de 4 % sans climatisation et de 17 % avec.
  • D’après le département américain de l’Énergie et Argonne (2024), une pompe à chaleur réduit de 38 % la puissance du chauffage à −7 °C, et le préconditionnement pendant la charge économise 9 à 20 % d’énergie sur un trajet urbain court par grand froid.
  • Les chiffres élevés qui circulent encore (jusqu’à 25 % en ville) viennent de documents de 2005 et 2008 ; ils se citent datés, ou pas du tout.

Le mécanisme : d’où vient l’énergie du confort

Sur une voiture thermique, la climatisation est un compresseur entraîné par le moteur : il prélève une puissance mécanique de l’ordre de quelques kilowatts, que le moteur fournit en brûlant du carburant. Le chauffage, lui, est presque gratuit : il récupère la chaleur du circuit de refroidissement, que le moteur produit de toute façon. C’est pourquoi, en thermique, le sujet est la climatisation.

Sur une voiture électrique, la situation s’inverse. Le moteur électrique dégage peu de chaleur perdue : chauffer l’habitacle demande de l’énergie prise sur la batterie, par une résistance ou, mieux, par une pompe à chaleur. La climatisation consomme aussi sur la batterie, mais son coût est plus faible que celui du chauffage par grand froid. C’est pourquoi, en électrique, le sujet est le chauffage, et l’hiver.

En thermique : ce que dit l’ADEME, et ce que disaient les chiffres d’hier

Selon l’ADEME (2026), la climatisation augmente la consommation de carburant de 1 à 7 % suivant les climats, les véhicules et les usages ; l’agence recommande de ne pas régler la température en dessous de 22 °C. Cette fourchette est la doctrine actuelle de l’agence, reprise dans son infographie « Comment consommer moins de carburant ? » d’avril 2026.

Les ordres de grandeur plus élevés qui circulent encore sont datés. Les essais ADEME-UTAC de 2005, menés à 30 °C et rapportés par l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, mesuraient une surconsommation de 12 à 43 % selon le cycle, soit 0,7 à 4 litres aux 100 km, la plus forte en ville (26 à 43 %) et la plus faible en cycle extra-urbain (12 à 28 %). Le guide ADEME de 2008 retenait jusqu’à 10 % sur route et 25 % en ville. L’ADEME retient aujourd’hui 1 à 7 %.

Ces chiffres historiques ont deux cadres à garder en tête : une température d’essai de 30 °C, et un parc de véhicules de 2005 et de 2008. Ils se citent avec leur date, ou pas du tout. Le rapport parlementaire de 2005 n’annonçait qu’une attente : une division par quatre de la surconsommation avec les compresseurs à cylindrée variable. La fourchette actuelle de l’ADEME, 1 à 7 %, est celle qui décrit le parc d’aujourd’hui.

Pourquoi la climatisation pèse lourd en ville et peu sur autoroute

D’après des essais de l’Oak Ridge National Laboratory (SAE, 2013), le surcroît de carburant dû à la climatisation est à peu près constant en litres par heure quelle que soit la vitesse : en pourcentage, il pèse donc le plus au ralenti et en ville, et le moins sur autoroute. Entre 64 et 113 km/h, les deux véhicules d’essai consommaient davantage avec la climatisation à pleine puissance qu’avec les vitres ouvertes.

La raison est arithmétique. Le compresseur consomme à peu près la même quantité de carburant par heure, que la voiture roule à 30 ou à 100 km/h. En une heure de ville, la voiture parcourt peu de kilomètres : ramené au kilomètre, le surcoût est élevé. En une heure d’autoroute, elle en parcourt beaucoup : le même surcoût, dilué, pèse peu en pourcentage. Au ralenti, la voiture ne parcourt rien du tout, et la climatisation est le seul poste qui tourne : c’est là que son poids relatif est le plus élevé.

La comparaison avec les vitres ouvertes suit la logique inverse : ouvrir les vitres dégrade l’aérodynamique, et la résistance de l’air croît avec le carré de la vitesse. Selon le département américain de l’Énergie (fueleconomy.gov), l’effet des vitres ouvertes est faible à basse vitesse et croît à vitesse d’autoroute. Dans les essais d’Oak Ridge, au-delà de 113 km/h, un seul des deux véhicules voit les vitres ouvertes rejoindre puis dépasser la climatisation ; l’autre garde l’écart. Aucune règle générale ne s’en déduit. Le même département note que, par forte chaleur et sur trajet court, la climatisation peut coûter plus de 25 % de rendement en carburant, le temps de refroidir l’habitacle.

En électrique : le chauffage, l’hiver et la pompe à chaleur

Sur un véhicule électrique, c’est le chauffage qui pèse le plus. Dans les essais de l’AAA (2019, cinq modèles, procédure SAE J1634, référence à 24 °C), l’autonomie baissait de 12 % à −7 °C sans chauffage ni climatisation et de 41 % avec ; à 35 °C, elle baissait de 4 % sans climatisation et de 17 % avec. Deux effets se superposent par grand froid : la batterie elle-même perd de l’efficacité (les 12 % sans chauffage), et le chauffage de l’habitacle s’y ajoute (le passage à 41 %). Par forte chaleur, l’effet propre de la température est faible (4 %) et la climatisation fait l’essentiel (17 %).

D’après le département américain de l’Énergie et Argonne (2024), une pompe à chaleur réduit de 38 % la puissance absorbée par le chauffage-climatisation à −7 °C ; les véhicules électriques qui en sont équipés sont trois à quatre fois plus efficaces qu’un chauffage résistif, jusqu’à environ −18 °C. Le préconditionnement pendant la charge, c’est-à-dire chauffer l’habitacle et la batterie tant que le véhicule est branché, économise 9 à 20 % d’énergie sur un cycle urbain de 12 km à −7 °C. Les constructeurs disent la même chose dans leurs pages d’aide : Renault situe l’autonomie préservée en hiver par la pompe à chaleur à environ 20 km, et Tesla recommande de préclimatiser le véhicule branché, sur l’alimentation externe plutôt que sur la batterie, et d’utiliser les sièges chauffants, qui consomment moins que le chauffage de l’habitacle.

Effet du confort thermique sur la consommation ou l’autonomie, selon les sources publiques ouvertes le 22 septembre 2026. Les pourcentages de carburant et les pourcentages d’autonomie ne se comparent pas entre eux.
SourceVéhicule et cadreEffet publié
ADEME, 2026Thermique, climatisation, tous usages1 à 7 % de carburant en plus ; consigne à 22 °C au moins
Essais ADEME-UTAC 2005, rapportés par l’OPECST (Sénat)Thermique, climatisation, essais à 30 °C, parc de 200512 à 43 % selon le cycle, soit 0,7 à 4 L/100 km ; 26 à 43 % en ville, 12 à 28 % en cycle extra-urbain
Oak Ridge National Laboratory, SAE 2013Deux véhicules thermiques, climatisation à pleine puissance, 64 à 113 km/hPénalité quasi constante en litres par heure ; la plus forte en pourcentage au ralenti ; plus élevée que les vitres ouvertes sur cette plage de vitesses
AAA, 2019Cinq électriques, procédure SAE J1634, référence à 24 °CÀ −7 °C : autonomie −12 % sans chauffage, −41 % avec ; à 35 °C : −4 % sans climatisation, −17 % avec
Département américain de l’Énergie et Argonne, 2024Électriques, −7 °CPompe à chaleur : −38 % de puissance de chauffage ; préconditionnement branché : 9 à 20 % d’énergie économisée sur un cycle urbain de 12 km

Les gestes, en thermique et en électrique

  • Régler la consigne à 22 °C au moins en été (ADEME, 2026). Chaque degré en dessous fait travailler le compresseur davantage.
  • Ventiler avant de refroidir. Par forte chaleur, ouvrir les portes ou les vitres quelques instants avant de partir évacue l’air surchauffé ; la climatisation prend ensuite le relais, vitres fermées, sans avoir à refroidir un habitacle à 50 °C.
  • En électrique, préconditionner branché. Chauffer ou refroidir l’habitacle et la batterie pendant la charge puise sur le réseau, pas sur l’autonomie (département américain de l’Énergie et Argonne, 2024 ; pages d’aide Renault et Tesla).
  • Chauffer la personne plutôt que l’habitacle. Les sièges et le volant chauffants consomment moins d’énergie que le chauffage de tout l’habitacle.
  • Couper le moteur à l’arrêt. Au ralenti, la climatisation est le poste dont le poids relatif est le plus élevé ; le geste est détaillé dans moteur au ralenti : combien coûte un moteur qui tourne à l’arrêt.

Ce que nos mesures ajoutent

WeNow publie la consommation réelle de 42 modèles de flotte, mesurée sur des données issues exclusivement des systèmes connectés des constructeurs automobiles, transmises par le véhicule lui-même, du 1er juillet 2025 au 1er août 2026. La valeur publiée est la médiane des conducteurs éligibles, ceux qui ont parcouru au moins 3 000 km sur le modèle. Ces douze mois couvrent un hiver et un été : les médianes ci-dessous donnent l’ordre de grandeur d’une consommation électrique réelle en flotte, chauffage et climatisation compris, sans distinguer les saisons.

Médiane de consommation réelle mesurée par WeNow, du 1er juillet 2025 au 1er août 2026, sur trois modèles électriques. Source : données issues exclusivement des systèmes connectés des constructeurs automobiles, transmises par le véhicule lui-même. Les valeurs couvrent l’année entière, hiver et été confondus ; elles ne mesurent pas l’effet d’une saison.
ModèleMédiane réelle WeNowConducteurs éligiblesKilomètres mesurés
Renault Mégane E-Tech électrique17,07 kWh/1001382 824 894
Renault Scénic E-Tech électrique19,31 kWh/1001052 027 733
Peugeot 208 II électrique14,02 kWh/1001251 322 213

Sur la Mégane E-Tech, la médiane s’établit à 17,07 kWh/100 sur 138 conducteurs éligibles et 2 824 894 km. À modèle identique, l’écart entre le premier et le troisième quartile des conducteurs va de 6 à 21 % sur le diesel, l’essence et l’électrique : le confort thermique est l’un des postes sur lesquels ce que fait le conducteur se voit. Les 42 modèles sont réunis dans la consommation réelle par modèle.

Le réglage du chauffage et de la climatisation fait partie des gestes de notre parcours e-learning écoconduire une voiture électrique, aux côtés du freinage régénératif et des gestes qui font durer la batterie.

Pour aller plus loin. La série vidéo la physique de l’écoconduite explique, épisode par épisode, où part l’énergie d’une voiture. Pour vérifier ce que vos véhicules transmettent : tester l’éligibilité de vos véhicules, sans frais.

Questions fréquentes

Combien la climatisation fait-elle consommer en plus ?

Selon l’ADEME (2026), la climatisation augmente la consommation de carburant de 1 à 7 % suivant les climats, les véhicules et les usages ; l’agence recommande de ne pas régler la température en dessous de 22 °C. Les chiffres plus élevés qui circulent, jusqu’à 25 % en ville, viennent de documents de 2005 et 2008, à parc et à compresseurs d’époque.

Vaut-il mieux ouvrir les fenêtres que mettre la climatisation ?

Cela dépend de la vitesse et du véhicule. D’après des essais de l’Oak Ridge National Laboratory (SAE, 2013), le surcroît de carburant dû à la climatisation est à peu près constant en litres par heure quelle que soit la vitesse : en pourcentage, il pèse donc le plus au ralenti et en ville, et le moins sur autoroute. Entre 64 et 113 km/h, les deux véhicules d’essai consommaient davantage avec la climatisation à pleine puissance qu’avec les vitres ouvertes. Au-delà, l’écart se resserre sur l’un des deux véhicules d’essai seulement : le résultat ne se généralise pas. Selon le département américain de l’Énergie, l’effet des vitres ouvertes est faible à basse vitesse et croît à vitesse d’autoroute.

Combien d’autonomie perd une voiture électrique avec le chauffage en hiver ?

Sur un véhicule électrique, c’est le chauffage qui pèse le plus. Dans les essais de l’AAA (2019, cinq modèles, procédure SAE J1634, référence à 24 °C), l’autonomie baissait de 12 % à −7 °C sans chauffage ni climatisation et de 41 % avec ; à 35 °C, elle baissait de 4 % sans climatisation et de 17 % avec. Une pompe à chaleur réduit de 38 % la puissance absorbée par le chauffage à −7 °C, et le préconditionnement pendant la charge économise 9 à 20 % d’énergie sur un trajet urbain court par grand froid (département américain de l’Énergie et Argonne, 2024).

Quels gestes réduisent le coût du confort au volant ?

Régler la consigne à 22 °C au moins en été (ADEME, 2026) ; préchauffer ou pré-refroidir l’habitacle pendant que le véhicule électrique est branché, pour puiser sur le réseau plutôt que sur la batterie ; préférer les sièges chauffants au chauffage de tout l’habitacle, qui consomment moins d’énergie ; ventiler l’habitacle en ouvrant les portes avant de partir par forte chaleur, plutôt que de refroidir à pleine puissance.

Sources

  1. ADEME, « L’écoconduite : une solution pour consommer moins de carburant et limiter vos émissions de CO2 (page mise à jour le 25 août 2026) », 2026. Consulter la source
  2. Sénat, Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (C. Cabal, C. Gatignol), « La voiture du futur : moins polluante et plus économe, rapport n° 125, chapitre sur la climatisation (essais ADEME-UTAC 2005) », 14 décembre 2005. Consulter la source
  3. S. Huff, B. West, J. Thomas (Oak Ridge National Laboratory), SAE Technical Paper 2013-01-0551, « Effects of Air Conditioner Use on Real-World Fuel Economy », 2013. Consulter la source
  4. U.S. Department of Energy et EPA, fueleconomy.gov, « Fuel Economy in Hot Weather », 2026. Consulter la source
  5. AAA Automotive Research Center, « AAA Electric Vehicle Range Testing », février 2019. Consulter la source
  6. U.S. Department of Energy, Vehicle Technologies Office, et Argonne National Laboratory, « Impact of Cold Ambient Temperature and Extreme Conditions on Electric Vehicles », 12 septembre 2024. Consulter la source
  7. Renault, « Autonomie des véhicules électriques E-Tech », 2026. Consulter la source
  8. Tesla, « Conseils pour la conduite en hiver », 2026. Consulter la source

Mise à jour : 22 septembre 2026. Période mesurée pour les médianes WeNow : du 1er juillet 2025 au 1er août 2026. Sources ouvertes le 22 septembre 2026.

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