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Moteur au ralenti : combien coûte un moteur qui tourne à l’arrêt

22 septembre 2026 - par Fabien Carimalo

Moteur au ralenti : combien coute un moteur qui tourne a l arret. Illustration WeNow, la physique de l ecoconduite.
Image décorative.

Un moteur au ralenti fait avancer la voiture de zéro kilomètre et consomme quand même. Au-delà de 10 secondes d’arrêt, le couper puis le redémarrer coûte moins de carburant que de le laisser tourner : c’est la recommandation de l’ADEME (2026), et c’est ce qu’a mesuré le laboratoire national d’Argonne.

Cet article donne l’ordre de grandeur de ce que brûle un moteur au ralenti, explique pourquoi le seuil se situe à 10 secondes, ce que vaut le start-and-stop en ville et en usage réel, et ce que le geste représente pour une flotte dont une grande part des trajets sont courts et urbains.

En bref

  • L’ADEME (2026) recommande d’arrêter le moteur à chaque arrêt de plus de 10 secondes : arrêter puis redémarrer consomme moins de carburant que laisser tourner le moteur au ralenti au-delà de ce seuil.
  • Le laboratoire national d’Argonne (États-Unis, 2013) a mesuré, sur une berline à essence de 2,5 litres à 21 °C, qu’au-delà de 10 secondes le ralenti consomme plus de carburant et émet plus de CO2 que l’arrêt suivi d’un redémarrage. Au ralenti, ce véhicule brûlait environ un litre par heure ; selon leur taille, les voitures particulières consomment de 0,75 à 1,9 litre par heure à l’arrêt moteur tournant.
  • Le département américain de l’Énergie (2022) fixe le point de bascule à 10 secondes et rappelle que la consommation au ralenti dépend du chauffage, de la climatisation et des accessoires.
  • Une étude en circulation réelle à Madrid (Fonseca et al., 2011) attribue à la suppression du ralenti environ 12 % d’économie de CO2 en trafic urbain dense ; le ralenti peut représenter jusqu’à 10 % de la consommation en ville.
  • Selon Ressources naturelles Canada (2025), l’arrêt-démarrage automatique réduit la consommation en ville de 4 à 10 % ; pour la Commission européenne (Ricardo, 2016), il vaut environ 5 % sur l’ancien cycle NEDC et moins en usage réel.
  • Sur près de 3,8 millions de trajets mesurés par WeNow du 1er juillet 2025 au 1er août 2026, plus de 6 trajets sur 10 font moins de 10 km : les arrêts y pèsent lourd.

Le mécanisme : un moteur qui tourne pour rien

Un moteur thermique au ralenti tourne entre 600 et 900 tours par minute pour se maintenir en marche : il vainc ses propres frottements, entraîne l’alternateur, la pompe à eau, le compresseur de climatisation quand elle est en service. Toute cette énergie vient du carburant, et aucune ne fait avancer le véhicule. Rapportée au kilomètre, la consommation d’un moteur qui tourne à l’arrêt est infinie ; rapportée au temps, elle se compte en litres par heure.

Redémarrer un moteur a aussi un coût : le démarreur consomme de l’électricité, et l’injection enrichit brièvement le mélange. La question est donc celle d’un point de bascule : à partir de quelle durée d’arrêt le carburant brûlé au ralenti dépasse-t-il celui du redémarrage ?

Le point de bascule : 10 secondes

Le laboratoire national d’Argonne (États-Unis, 2013) a mesuré, sur une berline à essence de 2,5 litres à 21 °C, qu’au-delà de 10 secondes le ralenti consomme plus de carburant et émet plus de CO2 que l’arrêt suivi d’un redémarrage. Au ralenti, ce véhicule brûlait environ un litre par heure ; selon leur taille, les voitures particulières consomment de 0,75 à 1,9 litre par heure à l’arrêt moteur tournant. Les auteurs précisent les limites de leur mesure : un seul véhicule, une seule température, un petit nombre d’essais, et un point de bascule qui varie selon le polluant considéré. Pour le carburant et le CO2, il tombe à 10 secondes.

L’ADEME (2026) recommande d’arrêter le moteur à chaque arrêt de plus de 10 secondes : arrêter puis redémarrer consomme moins de carburant que laisser tourner le moteur au ralenti au-delà de ce seuil. Le département américain de l’Énergie (2022) reprend le même seuil. La règle est donc simple : si l’arrêt est prévisible et dure plus de dix secondes, le moteur se coupe.

Un litre par heure, ou plus. La mesure d’Argonne, un litre par heure, vaut pour une berline de 2,5 litres à 21 °C. La fourchette publiée par le même laboratoire, de 0,75 à 1,9 litre par heure selon la taille du véhicule, est le bon repère. Elle monte encore avec la climatisation, le chauffage et les accessoires (département américain de l’Énergie, 2022). Un utilitaire qui attend une heure moteur tournant devant un chantier ou une plateforme de livraison brûle donc de l’ordre d’un à deux litres pour rien.

Ce que vaut le start-and-stop

Le système d’arrêt-démarrage automatique applique le geste à la place du conducteur : il coupe le moteur quand le véhicule s’immobilise et le relance dès que le conducteur repart. Ce qu’il rapporte dépend entièrement de la part du temps passé à l’arrêt.

Effet de la suppression du ralenti et du start-and-stop, selon les sources publiques ouvertes le 22 septembre 2026. Chaque chiffre porte son cadre.
SourceCadreEffet publié
Argonne National Laboratory, 2013Berline essence 2,5 L, 21 °C, arrêt puis redémarrageAu-delà de 10 secondes, le ralenti consomme plus de carburant et émet plus de CO2 que le redémarrage ; ralenti d’environ 1 L/h, fourchette de 0,75 à 1,9 L/h selon la taille
ADEME, 2026Recommandation à tous les conducteursArrêter le moteur à chaque arrêt de plus de 10 secondes
Fonseca et al., 2011 (Madrid)Diesel en circulation réelle, 15,5 km/h de moyenneRéduction de CO2 supérieure à 20 % avec le stop/start, dont 12,2 % attribuables à la suppression du ralenti ; le ralenti peut atteindre 10 % de la consommation en ville
Ressources naturelles Canada, 2025Arrêt-démarrage automatique, conduite en ville4 à 10 % de consommation en moins
Ricardo pour la Commission européenne, 2016Start-stop, cycle d’homologation NEDCEnviron 5 % ; plus faible sur le cycle WLTC et en usage réel, où la part d’arrêts est moindre

Trois lectures de ce tableau. D’abord, l’effet se joue en ville : sur autoroute, un moteur ne s’arrête pas, et le start-and-stop ne rapporte rien. Ensuite, l’écart entre le cycle d’homologation et l’usage réel est un rappel utile : la valeur du catalogue suppose une part d’arrêts que votre usage n’a pas forcément, dans un sens comme dans l’autre. Enfin, un conducteur qui coupe lui-même son moteur aux arrêts prévisibles fait ce que le système fait, sur un véhicule qui n’en est pas équipé.

Les gestes qui comptent

  • Couper le moteur à tout arrêt prévisible de plus de 10 secondes : livraison, attente devant une barrière ou un portail, file longue, appel téléphonique à l’arrêt.
  • Ne pas préchauffer le moteur à l’arrêt. Un moteur chauffe plus vite en roulant doucement qu’au ralenti ; l’ADEME (2026) conseille de rouler à vitesse modérée sur les cinq premiers kilomètres. Nous détaillons ce point dans trajets courts et moteur froid.
  • Anticiper les arrêts, pour que le véhicule s’immobilise sans freinage tardif et que le moteur se coupe plus tôt : c’est le geste de notre vidéo approcher un stop ou un feu rouge sans gaspiller d’énergie.
  • Laisser le start-and-stop activé sur les véhicules qui en sont équipés, sauf consigne contraire du constructeur dans une situation donnée.

Ce que le geste représente pour une flotte

Le ralenti est un poste invisible : il n’apparaît sur aucune fiche technique, et il se cumule en heures sur une année. Pour une flotte de techniciens, de livreurs ou de commerciaux, la part de temps à l’arrêt moteur tournant dépend du métier. Un repère : sur près de 3,8 millions de trajets mesurés par WeNow du 1er juillet 2025 au 1er août 2026, plus de 6 trajets sur 10 font moins de 10 km. Des trajets courts, souvent urbains, où chaque feu, chaque livraison et chaque attente comptent.

Le geste se travaille par la formation et par l’animation, comme les autres gestes de l’écoconduite. Nos parcours e-learning par motorisation, dont écoconduire un véhicule utilitaire, y consacrent une séquence. Les gains constatés chez nos clients, avec leurs périodes et leurs périmètres, sont réunis sur notre page de résultats clients.

Pour aller plus loin. La série vidéo la physique de l’écoconduite explique, épisode par épisode, pourquoi chaque geste économise de l’énergie. Pour vérifier ce que vos véhicules transmettent : tester l’éligibilité de vos véhicules, sans frais.

Questions fréquentes

Au bout de combien de secondes faut-il couper le moteur à l’arrêt ?

L’ADEME (2026) recommande d’arrêter le moteur à chaque arrêt de plus de 10 secondes : arrêter puis redémarrer consomme moins de carburant que laisser tourner le moteur au ralenti au-delà de ce seuil. Le département américain de l’Énergie (2022) fixe le même point de bascule à 10 secondes.

Combien consomme un moteur au ralenti ?

Le laboratoire national d’Argonne (États-Unis, 2013) a mesuré, sur une berline à essence de 2,5 litres à 21 °C, qu’au-delà de 10 secondes le ralenti consomme plus de carburant et émet plus de CO2 que l’arrêt suivi d’un redémarrage. Au ralenti, ce véhicule brûlait environ un litre par heure ; selon leur taille, les voitures particulières consomment de 0,75 à 1,9 litre par heure à l’arrêt moteur tournant. La consommation au ralenti varie avec le chauffage, la climatisation, les accessoires, le modèle et la température (département américain de l’Énergie, 2022).

Le start-and-stop fait-il vraiment économiser du carburant ?

Oui, en ville. Selon Ressources naturelles Canada (2025), l’arrêt-démarrage automatique réduit la consommation en ville de 4 à 10 %. Pour la Commission européenne (Ricardo, 2016), il vaut environ 5 % sur l’ancien cycle d’homologation NEDC et moins en usage réel, parce que la part des arrêts y est plus faible. Une étude en circulation réelle à Madrid (Fonseca et al., 2011) attribue à la suppression du ralenti environ 12 % d’économie de CO2 en trafic urbain dense.

Redémarrer souvent use-t-il le moteur ou la batterie ?

Les véhicules équipés d’un start-and-stop sont conçus pour ces cycles, avec un démarreur et une batterie renforcés. Sur un véhicule qui n’en est pas équipé, le seuil de 10 secondes retenu par l’ADEME et mesuré par Argonne porte sur le carburant et le CO2 ; il ne dit rien de l’usure, qui dépend du véhicule. Le geste s’applique aux arrêts prévisibles : livraison, attente devant une barrière, file longue.

Sources

  1. ADEME, « L’écoconduite : une solution pour consommer moins de carburant et limiter vos émissions de CO2 (page mise à jour le 25 août 2026) », 2026. Consulter la source
  2. ADEME, « Clés pour agir : en déplacement, 10 gestes pour économiser lors de ses trajets, réf. 012002 », avril 2026. Consulter la source
  3. Argonne National Laboratory (L. Gaines, E. Rask, G. Keller), pour le DOE Clean Cities, « Which Is Greener: Idle, or Stop and Restart? », 2013. Consulter la source
  4. U.S. Department of Energy, Vehicle Technologies Office, « Fact of the Week 1239: Idling an Engine for as Little as 10 Seconds Will Use More Fuel than Stopping and Restarting the Vehicle », 23 mai 2022. Consulter la source
  5. N. Fonseca, J. Casanova, M. Valdés, Transportation Research Part D, « Influence of the stop/start system on CO2 emissions of a diesel vehicle in urban traffic », 2011. Consulter la source
  6. Ricardo Energy et Environment, pour la Commission européenne (DG CLIMA), « Improving understanding of technology and costs for CO2 reductions from cars and LCVs in the period to 2030, annexe A5.1.3 », 2016. Consulter la source
  7. Ressources naturelles Canada, « Guide de consommation de carburant 2025, p. 5 », 2025. Consulter la source

Mise à jour : 22 septembre 2026. Sources ouvertes le 22 septembre 2026.

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