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Calculer l’avantage en nature d’un véhicule de fonction

Comment calcule-t-on l’avantage en nature d’un véhicule de fonction ?

WeNow distingue deux méthodes d’évaluation admises : le forfait, assis sur un pourcentage du coût du véhicule, et les dépenses réelles, assises sur l’usage effectivement constaté. La première ne demande qu’une facture ; la seconde demande une preuve du kilométrage privé, et c’est cette preuve, non le calcul, qui détermine si elle est accessible à une entreprise.

Quand un véhicule constitue-t-il un avantage en nature ?

Il y a avantage en nature lorsque le véhicule est mis à disposition du salarié de façon permanente, c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas tenu de le restituer en dehors de ses périodes de travail, notamment le week-end et pendant ses congés. Le critère est donc la mise à disposition, pas le nombre de kilomètres privés constatés. À l’inverse, un véhicule dont l’usage privé est exclu par une interdiction écrite, effectivement appliquée et assortie d’une restitution hors temps de travail, ne constitue pas un avantage en nature.

Le trajet domicile-travail est un cas à part. Sa qualification dépend de conditions précises, propres à l’organisation de chaque entreprise et au profil de chaque poste. Elle mérite l’examen de votre conseil plutôt qu’une règle générale reprise d’un article.

Les deux méthodes de calcul

Le forfait

L’assiette est un pourcentage du coût d’acquisition du véhicule, ou du coût annuel global en location, avec un taux différent selon que l’employeur prend ou non le carburant à sa charge. C’est la méthode par défaut : elle ne demande que la facture ou le contrat.

Point à ne pas manquer sur une flotte constituée : les taux ne sont pas les mêmes selon que le véhicule a été mis à disposition avant ou à compter du 1er février 2025. Deux véhicules identiques, dans le même parc, peuvent relever de deux barèmes différents. C’est aujourd’hui la première cause d’erreur de calcul, et elle ne se voit pas, parce que le calcul, lui, tourne.

Les dépenses réelles

L’assiette est constituée des dépenses effectivement engagées, amortissement ou loyer, assurance, entretien, et le cas échéant carburant, retenues au prorata du kilométrage privé rapporté au kilométrage total.

L’amortissement retenu est de 20 % par an du prix d’achat TTC pour un véhicule de cinq ans ou moins, 10 % au-delà. En location, la base s’entend du coût global annuel de la location, de l’entretien et de l’assurance, toutes taxes comprises.

La formule est simple. La difficulté est ailleurs : il faut être capable d’établir ce kilométrage privé, et de l’établir par une documentation qui se produit en contrôle.

Le véhicule électrique

Un véhicule fonctionnant exclusivement à l’électricité ouvre droit à un abattement sur l’assiette, dans la limite d’un plafond annuel. Pour un véhicule mis à disposition à compter du 1er février 2025, un éco-score minimal est exigé, vérifié le jour de la mise à disposition. L’électricité fournie par l’employeur pour la recharge n’entre pas dans l’assiette. Pour un véhicule mis à disposition avant cette date, le régime diffère : il s’examine au cas par cas.

Attention au réflexe : sur le régime récent, le taux d’abattement et le plafond ne sont pas les mêmes au forfait et au réel, 70 % et 4 641,60 € contre 50 % et 2 026,30 €. Sur un véhicule électrique, le raisonnement général de cette page s’inverse plus tôt.

Le calcul est simple à poser. En location, l’assiette forfaitaire vaut 50 % du coût global annuel, ramenée à 15 % de ce coût après l’abattement de 70 %. L’assiette au réel vaut le coût global multiplié par la part d’usage personnel, ramenée à la moitié après l’abattement de 50 %. Le forfait devient le plus favorable dès que l’usage personnel dépasse 30 % du kilométrage, contre 50 % sur un véhicule thermique.

Entre ces deux seuils, deux véhicules identiques en tout sauf la motorisation appellent deux méthodes différentes.

Une précision qui change le seuil : elle vaut en location, tant que le coût global annuel ne dépasse pas 13 261 € TTC. Au-delà, le plafond de 4 641,60 € réduit l’abattement et le seuil remonte progressivement vers 50 %. Sur un véhicule acheté, le seuil dépend du prix d’achat et des frais d’entretien et d’assurance, parce qu’au réel la base est le coût annuel du véhicule. Il est de l’ordre de 30 % pour un véhicule d’environ 30 000 € et monte avec le prix : le simulateur AEN le calcule sur vos chiffres.

Barèmes applicables en 2026 Barèmes issus de l’arrêté du 25 février 2025, montants revalorisés au 1er janvier 2026. Relevé le 13 septembre 2026 sur boss.gouv.fr, version en vigueur au 01/06/2026.

Véhicule acheté, pourcentage du coût d’achat TTC

Mise à disposition avant le 01/02/2025Mise à disposition à partir du 01/02/2025
≤ 5 ans, sans prise en charge du carburant9 %15 %
> 5 ans, sans prise en charge du carburant6 %10 %
≤ 5 ans, forfait global avec carburant12 %20 %
> 5 ans, forfait global avec carburant9 %15 %

Avec prise en charge du carburant, l’employeur choisit : le taux « sans carburant » majoré des frais réels de carburant privé sur factures, ou le forfait global.

Véhicule loué, pourcentage du coût global annuel (location + entretien + assurance, TTC, d’après factures)

Avant le 01/02/2025À partir du 01/02/2025
Sans prise en charge du carburant30 %50 %
Forfait global avec carburant40 %67 %

Véhicule 100 % électrique : deux régimes

Mise à disposition à partir du 01/02/2025
Conditionéco-score minimum exigé, vérifié le jour de la mise à disposition
Au réelabattement 50 %, plafond 2 026,30 €/an
Au forfaitabattement 70 %, plafond 4 641,60 €/an

L’électricité fournie par l’employeur pour la recharge n’entre pas dans l’assiette. Ce régime court jusqu’au 31/12/2027. Le régime des véhicules mis à disposition avant le 1er février 2025 s’examine au cas par cas.

Évaluation au réel : avantage annuel = base de coûts annuels × distance personnelle ÷ distance totale. Amortissement retenu : 20 % par an du prix d’achat TTC pour un véhicule de cinq ans ou moins, 10 % au-delà.

Le tableau qui manque partout

ForfaitDépenses réelles
Pièce minimalefacture ou contratfacture + preuve du kilométrage privé
Effort administratifnulnul si la mesure est automatique, considérable si elle est manuelle
Résultat quand l’usage privé est faiblesurévalue l’avantagereflète l’usage
Résultat quand l’usage privé est fortreflète l’usage, voire le sous-évalueéquivalent
Ce qui se passe en contrôlela pièce suffitla preuve est examinée
Choixannuelannuel, collaborateur par collaborateur

Ce tableau vaut pour un véhicule thermique. Sur un véhicule électrique éligible à l’abattement, l’arbitrage peut s’inverser.

Ce qu’il faut en retenir : le forfait n’est pas un choix de prudence, c’est un choix d’impuissance. Il est justifié tant qu’on ne sait pas mesurer. Dès qu’on sait, il coûte chaque fois que l’usage privé est inférieur à ce que le forfait présume.

La grille 2026 appliquée à quatre cas d’usage

Les barèmes ci-dessus donnent les taux. La méthode se choisit ensuite d’après le profil d’usage du véhicule, à condition de savoir prouver le kilométrage privé. Voici quatre cas types.

Cas d’usageCe qui pèseMéthode à examiner en premier
Commercial itinérant, véhicule thermique, peu d’usage privéune part personnelle faiblele réel, si le kilométrage privé est prouvé
Cadre sédentaire, véhicule thermique, usage privé importantune part personnelle proche de la moitié ou au-delàle forfait au-delà de la moitié sur un véhicule loué ; en deçà, comparer les deux montants au simulateur
Véhicule 100 % électrique en location, éligible à l’abattementle seuil calculé plus haut : le forfait devient favorable au-delà de 30 % d’usage personnel, tant que le coût global annuel ne dépasse pas 13 261 € TTCle réel en dessous du seuil, le forfait au-dessus
Parc mis à disposition avant et après le 1er février 2025deux barèmes dans le même parcun calcul véhicule par véhicule, date de mise à disposition en main

Dans les quatre cas, le réel n’est accessible qu’avec une preuve du kilométrage privé.

Le 23 juillet 2026, l’Urssaf Île-de-France a rendu à WeNow une décision de rescrit social (article L.243-6-3 du code de la sécurité sociale) sur la méthode d’évaluation au réel de l’avantage en nature véhicule que WeNow applique à ses propres véhicules. L’Urssaf y prend position formellement : la tenue de notre carnet de bord numérique « peut constituer un système de preuve suffisant pour justifier de l’utilisation professionnelle d’un véhicule », sous réserve de la qualité des données. Cette décision est nominative à WeNow employeur et ne porte ni sur un produit ni sur des montants : elle ne se transpose pas automatiquement à une autre entreprise. C’est pourquoi nous accompagnons chaque client qui le souhaite dans sa propre démarche de rescrit social, adaptée à sa population, avec ce précédent écrit à l’appui.

Première étape : vérifier la compatibilité de vos véhicules, sans frais ; le carnet de bord PRO/PERSO produit ensuite le relevé.

Faire le calcul sur votre parc

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    Comment choisir, concrètement

    1. Estimer l’écart. Le simulateur donne les deux montants côte à côte, véhicule par véhicule. Sur une flotte, l’écart annuel se chiffre vite.
    2. Vérifier qu’on sait prouver. Si le kilométrage privé n’est pas établi de manière probante, la question est tranchée : c’est le forfait, et il n’y a pas à hésiter.
    3. Décider collaborateur par collaborateur. Rien n’impose une méthode unique pour toute la flotte. Un commercial qui roule 45 000 km par an et un cadre sédentaire n’appellent pas la même réponse.
    4. Documenter la décision. Ce qui se produit en contrôle, ce n’est pas seulement le chiffre : c’est la méthode, écrite, appliquée de façon constante.

    Questions fréquentes

    Peut-on appliquer le forfait à certains véhicules et le réel à d’autres ?

    Oui. Le choix se fait par salarié et par année, et se révise en fin d’exercice pour l’année écoulée. Ce qui ne se révise pas rétroactivement, en revanche, c’est la preuve : elle se collecte pendant l’année, ou elle n’existe pas.

    Que se passe-t-il si le kilométrage privé est déclaré par le salarié lui-même ?

    C’est fragile. Un relevé rempli a posteriori par la personne dont il détermine l’avantage n’est pas vérifiable et peut être écarté. La robustesse vient de l’automaticité de la mesure et de l’horodatage, pas de la bonne foi.

    L’employeur peut-il consulter les trajets privés de ses salariés ?

    Il n’en a pas besoin, et le dispositif ne lui montre aucun trajet, privé ou professionnel : il reçoit chaque mois un export agrégé par conducteur et par véhicule, avec les distances totales, professionnelles et personnelles, et le pourcentage d’usage qui en découle. Le détail des trajets n’est produit par WeNow qu’en cas de contrôle de l’Urssaf, sur demande de l’employeur. Ce qui est nécessaire au calcul, c’est le volume de kilomètres privés, jamais leur détail. Exposer à un employeur le détail des déplacements personnels d’un salarié serait disproportionné, et sans utilité pour établir l’assiette.

    Le calcul au réel est-il plus risqué ?

    Il ne l’est pas en lui-même. Il l’est si la preuve ne tient pas. Le risque ne porte pas sur la méthode, il porte sur la qualité de la donnée qui l’alimente.

    Faut-il refaire le calcul chaque année ?

    Oui, les barèmes et les coûts évoluent, et les plafonds sont revalorisés au 1er janvier. Le choix de méthode se reconsidère à chaque exercice.

    WeNow a-t-il obtenu un rescrit social de l’Urssaf ?

    Oui. Le 23 juillet 2026, l’Urssaf Île-de-France a rendu à WeNow une décision de rescrit social (article L.243-6-3 du code de la sécurité sociale) sur la méthode d’évaluation au réel de l’avantage en nature véhicule que WeNow applique à ses propres véhicules : la tenue de son carnet de bord numérique « peut constituer un système de preuve suffisant pour justifier de l’utilisation professionnelle d’un véhicule », sous réserve de la qualité des données. Cette décision est nominative à WeNow employeur et ne porte ni sur un produit ni sur des montants. Chaque entreprise cliente peut engager sa propre démarche de rescrit social, que WeNow accompagne.

    Mise à jour : 23 septembre 2026. Barèmes relevés le 13 septembre 2026 sur boss.gouv.fr, version en vigueur au 1er juin 2026.

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