80 au lieu de 90km/h. 10 kilomètres en moins, quels bénéfices en plus ?

80 au lieu de 90km/h. 10 kilomètres en moins, quels bénéfices en plus ?

Elle a fait débat pendant des mois. La limitation de vitesse maximale à 80 au lieu de 90km/h est entrée en vigueur le 1er juillet dernier. Et l’objectif annoncé par le gouvernement est clair. Il s’agit de limiter les risques d’accidents mortels sur les routes les plus concernées en France. Mais saviez-vous qu’au-delà de la sécurité routière, automobiliste et environnement en sortiront gagnants ? Le premier pour les économies de carburant, le second pour la baisse du COpar trajet. Décryptage.

 80 au lieu de 90 kilomètres/heure. Sur quelles routes ?

 La limitation de vitesse s’applique sur des routes à double sens, sans séparateur central, qui représentent 400.000km du réseau français. Ce sont les routes qui ont enregistré le plus d’accidents mortels ces dernières années. Oui, 55% de mortalité routière d’après la Sécurité Routière. Autrement dit, celles sur lesquelles il est tentant d’appuyer franchement sur l’accélérateur !

Au sein de la communauté WeNow, le nombre de trajets réalisés en ville est supérieur au nombre de trajets réalisés sur les voies concernées par cette nouvelle réglementation. Cependant, le poids de la consommation de carburant en déhors des villes représente plus de 80% de la consommation du fait de trajets plus longs en distance. Il est donc légitime de se poser la question de l’impact d’une telle règlementation sur l’efficacité énergétique de nos déplacements.

 Pour le conducteur : plus d’économies

 Si le gouvernement met largement en avant la baisse des accidents sur les routes, d’autres bénéfices clés se dessinent pour l’automobiliste. Tout d’abord, des économies de carburant ! Saviez-vous que rouler à 10km/h en-dessous de la vitesse maximale autorisée vous fait gagner du carburant ? Il s’agit d’ailleurs d’un comportement d’éco-conduite clé.

En effet, d’après les estimations de la Sécurité Routière, rouler à 80 au lieu de 90km/h permettrait d’économiser 120€ de carburant par an. Des économies d’autant plus élevées pour les gros rouleurs ! Et lorsque l’on constate que le prix du carburant continue à flamber, le potentiel de gain n’est pas à prendre à la légère.

A partir de 70-80km/h, une consommation exponentielle

Car ce qu’on lit moins, c’est qu’à partir de 70-80km/h, la consommation de carburant est exponentielle. Donc plus la vitesse augmente, plus votre consommation de carburant flambe. Par exemple, en roulant à 130 km/h sur l’autoroute, votre consommation augmentera de 40 à 50% par rapport à une vitesse de 70Km/h. Rouler entre 110 et 120 km/h est plus reposant (vous doublez rarement). Et vous ne dérangez pas les autres véhicules. En prime, vous diminuez de 20% votre consommation par rapport à une vitesse de 130 km/h !

Autoroutes ou nationales ? Lorsque vous vous déplacez sur une nationale ou sur une départementale, le nombre de ralentissements, voire d’arrêts est bien plus important que sur autoroutes ou voies rapides. Ces arrêts sont des zones de surconsommation énergétiques car vous devez réinjecter du carburant pour remettre en mouvement votre véhicule. Et ce, à de nombreuses reprises. Si vous souhaitez optimiser votre consommation de carburant et circuler sur nationales ou départementales, veillez à choisir des trajets où le nombre d’arrêts est faible. Et le traffic fluide.

Pour l’environnement : moins de CO2

Le nombre de kilomètres parcourus en France est d’environ 600 milliards par an. 70% de ces kilomètres sont réalisés en dehors des autoroutes ou 2×2 voies, c’est à dire les voies nationales ou départementales qui sont possiblement concernées par la nouvelle règlementation.

De plus, le pourcentage de voies où la limitation de la vitesse est de 90km/h représente 40% du réseau national. Enfin, 85% des véhicules sont des véhicules impactés par ces lois (hors poids lours, bus, etc..). La nouvelle loi concerne environ 150 milliards de km.

Tenant compte de ces éléments et d’une hypothèse de gain d’émission CO2 représentatif des véhicules concernés (environ 9g CO2/km), notre estimation de l’impact de la loi sur l’empreinte carbone en France est d’environ 1,35 millions de tonnes de COévitées.

Zoomons sur le périmètre des émissions des véhicules légers et utilitaires (environ 80 millions de tonnes par an). Cela représente 1,8% de l’empreinte carbone des véhicules concernées par cette loi.

Si la vitesse sur les autoroutes était réduite à 110km/h, il serait également possible de réduire de 6% l’empreinte carbone de ces véhicules.

Un enjeu de vitesse ou de comportement ?

 Bien sûr, pour que cette nouvelle limitation soit bénéfique à tous, il s’agit en réalité davantage de sensibiliser et d’agir en adoptant un comportement responsable que de punir l’automobiliste.

Rappelons que pour rester sous la barre des 2°C au niveau mondial, il est nécessaire de réduire de 70% nos émissions de COet que par conséquent, compenser les émissions, en parallèle de les réduire, est une nécessité absolue pour préserver notre planète !

Et vous ? Quelle vitesse adoptez-vous sur vos trajets ?

 

Passionnée de développement durable et de communication, je suis persuadée que c'est avec action concrète et engagement que nous construisons un monde meilleur.

#MakeOurPlanetGreatAgain 

 
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